‹ Les Livres de Commerce: Étude Pratique & JuridiqueChapitre 13 sur 48 · AS · texte numérisé non relu

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précise, et que le culte de ces dieux ne les a pas égarés.

ne suffisait pas, en effet, de donner la vie aux divers comptes qui peuplent le Grand Livre ; il convenait de les gouverner avec précision pour en établir le contrôle facile et les amener finalement à s’abstraire de la fiction, pour rétablir, sous leur véritable face, les résultats exacts du négoce.

C’est à quoi la logique rigoureuse de la méthode a infailliblement conduit.

Reprenons la comptabilité en partie double de notre commercant là où nous l’avons laissée, c’est-à-dire dès après son ouverture, et assistons à quelques-unes de ses opérations commerciales.

Sa profession étant, par exemple, celle d’épicier en gros, il achète à divers fournisseurs des marchandises :

A Mathieu, 40 caisses de savon à PT nel ln: 1,220 50.000 1, »

A Fabre, 1,000 kilos sucre brut à Fin 00m iii du Rte Goo »

À Martin, 500 tonneaux harengs à PRODUIRE luxe xl MT0:0007)

A Raymond, 50 caisses d’amidon à O0 le rte 12117) SA UMWTO 000! D

Après avoir ouvert ses comptes généraux, il ouvre un compte à chacun de ses fournisseurs.

Les achats faits, il crédite les comptes de cha-

lo cun de ses fournisseurs du montant de la four-

niture et débite d’autant son compte Marchandises Générales :

Fo3 Dorr: Marchandises Générales. AVOIR." F3:

janv.| 7 à MATHIEU sa facture à 40 caisses!

savon à fr. 125 lttinemtr 267.6 5.000

à FABRE sa faclure à 1000 kilogs | sucre brut à | fr. 0,60 l’un, fr. 600 |

) » [à MARTIN sa facture à 50 tonneaux harengs|, | à 200 fr. l’un, fr.| 10.000

» 10 |à RAYMOND sa fac- | ture à 50 caisses amidon à fr. 20) l'une, fr.| 10.000

Pour chaque achat, le négociant crédite le compte de celui qui fournit la marchandise, et débite celui de ses comptes qui la reçoit.

D'où la règle qui s’appliquera, invariable, que la valeur mise en mouvement soit une marchandise, de l’argent, ou un effet de commerce.

Pour chaque opération, il faut débiter le compte qui reçoit par le crédit de celui qui fournit, et inversement.

Il nous suflira de faire application de la règle à chacun des comptes :

Marchandises Générales,

Caisse,

Effets à Recevoir,

RE

Effets à Payer, pour savoir exactement ce qu’il doit renfermer.

Le compte Marchandises Générales est débité de tous les achats par le crédit des vendeurs. Il est crédité du montant des ventes par le débit de ceux à qui est livrée la marchandise.

Le compte Caisse est débité de l'argent qui est versé à la caisse par le crédit de ceux qui effectuent les paiements. IL est crédité des sommes qu'il décaisse par le débit de ceux à qui il: les verse. |

Le compte Effets à Recevoir est débité de tous les engagements pris envers le négociant (c’està-dire des billets qu’on lui souscrit et des traites qu'il tire) par le crédit de ceux qui prennent ces engagements. [Il est crédité de toutes les sommes que lui produisent l’encaissement ou la négociation de ces valeurs, par le débit de Caisse ou du cessionnaire.

Le compte Effets à Payer est l’inverse de Effets à Recevoir. Il est crédité de tous les engagements que prend le commerçant (c’est-à-dire des billets qu'il souscrit et des traites qu’on tire sur lui) par le débit de ceux au profit desquels il s'engage. Il est débité de toutes les sommes comptées pour acquitter ces engagements par le crédit de Caisse.

Supposons que notre négociant revende comptant une partie de ses marchandises (celles achetées à Mathieu, par exemple) à Naudet. I crédite Marchandises Générales par le débit de Naudet,

et crédite Naudet de son paiement par le débit de Caisse.

Que s’il les avait vendues à terme, le compte Effets à Recevoir fût intervenu. Ainsi, il vend à terme les 1,000 kilos sucre (achetés à Fabre) à Guillaume. De par la vente, il crédite Marchandises Générales par le débit de Guillaume. Mais aussitôt, il crée une traite sur Guillaume, à trois mois si l’on veut. Il crédite Guillaume du montant de la traite et en débite Effets à Recevoir (commercialement, Guillaume est considéré comme ayant payé : il ne doit plus au compte Marchandises Générales, il doit à la traite). Le terme venu, la traite est présentée à Guillaume qui la paie. Le compte Effets à Recevoir est crédité par le débit de Caisse.

Supposons qu’une partie des marchandises achetées par le négociant (celles de Raymond) lPaient été à terme, à 30 jours, par exemple. A l'achat, il a débité Marchandises Générales par le crédit de Raymond. Mais aussitôt Raymond l’a informé qu’il tirait sur lui à 36 jours. Notre commerçant à donc débité Raymond par le crédit de Effets à Payer (commercialement, Raymond est réglé : le commerçant ne doit plus qu’à la traite). Les 30 jours écoulés, on la lui présente ; il la paie. Il débite Effets à Payer du montant de la traite par le crédit de Caisse qui a fourni les espèces.

Si, au contraire, il avait payé comptant son

D HW:

fournisseur, il n’y aurait pas eu à faire intervenir le compte Effets à Payer. En achetant à Martin, il l'avait crédité par le débit de Marchandises Générales. En le payant, il débite Martin par le crédit de Caisse.

On voit que, si les comptes Marchandises Générales, Caisse, Effets à Recevoir, Effets à Payer évoluent sur la base d’une fiction, leurs évolutions n’en sont pas moins d’une logique, d’une rigueur toute mathématique. On conçoit que la partie double ait pu être exposée dans une € Somme d’arithmétique ».

Nous avons dit que, le moment venu, la fiction s’éliminait d'elle-même et que la réalité réapparaissait par la seule logique de la méthode.

Nous allons le montrer par l'étude du compte Profits et Pertes.

Prenons, par exemple, les deux affaires traitées au comptant : l’achat à Martin, la vente à Naudet.

L'achat à Martin de 50 tonneaux de harengs à 200 francs l’un est au comptant. Nul n’ignore qu’en pareil cas, il est d’usage dans le commerce de faire sur le montant de la facture un escompte, une bonification. Ce sera, si l’on veut, un escompte de 3 0/0, soit sur 10,000 francs un boni de 300 francs. Le commerçant ne paiera done effectivement à Martin que 9,700 francs. Sa caisse ne décaissant que 9,700 francs, il débite Martin de 9,700 francs par le crédit de Caisse.

Mais le compte Martin n’est pas en balance, puisqu'il présente au crédit 10,000 et au débit seulement 9,700. Comment le débiter des 300 fr. d’escompte ? On le débite des 300 francs d’escompte par le crédit de Profits et Pertes. Ces 300 francs sont un bénéfice ; ils figurent au crédit de Profits et Pertes.

Passons maintenant à la vente au comptant faite à Naudet de 4o caisses de savon à fr. 190 l’une, soit fr. 6,000. Naudet, payant comptant, réclame son escompte. Il obtient 2 0/0. II ne paie donc effectivement que 5,880 francs. Caisse ne recevant que fr. 5,880, ne peut être débité que de cette somme, et Naudet ne peut être crédité par le débit de Caisse que de 5,880 francs. Or, Naudet a été débité de 6,000 francs. Comment balancer son compte ? En le créditant de fr. 120 par le débit de Profits et Pertes. Ces 120 francs sont pour le négociant une perte; ils figurent au débit de Profits et Pertes.

Le compte Profits et Pertes présente donc, au débit, les pertes subies par le négociant, et au crédit, les bénéfices bruts. Nous ne pouvons comprendre comment MM. Lyon-Caen et Renault ont pu dire le contraire dans leur 7raité

de Droit Commercial (1). On ne peut qu’approuver les auteurs qui aflirment que ce compte

serait mieux intitulé : Pertes et Profits.

() Vol. I, n° 309, in fine.

Au débit de Profits et Pertes, le négociant doit porter en outre tous les frais de l’entreprise, ceux que l’on appelle les Frais Généraux : location des magasins, salaires des ouvriers, appointements des employés, frais de négociation et de recouvrement des valeurs, frais de bureau, de correspondance, de réclame, frais de ménage, ete... Ces frais y seront consignés, soit au fur et à mesure, sort en bloc à la fin de chaque mois, si le négociant en tient, pour mieux les contrôler, des comptes séparés ; ces comptes séparés n'étant, on le voit, que des démembrements du compte Profits et Pertes.

En dehors du cas d’escompte obtenu par notre négociant de son fournisseur, et porté au crédit de Profits et Pertes, partie minime des bénéfices, nous n'avons pas encore vu comment les bénéfices ressortissent à Profits et Pertes. Pour les y faire apparaître, il faut procéder à l'inventaire.

L’inventaire est précédé de la balance de tous les comptes du Grand Livre, opération nécessaire pour s'assurer de exactitude des écritures.

Nous avons déjà expliqué comment se fait la balance. Nous allons cependant montrer comment se balance le compte Marchandises Générales, le seul pour lequel cette opération nécessite une variante, en raison de ce qu’il est influencé par le recensement des marchandises en maga-

sin.

Ajoutons, pour plus de commodité, aux affaires déjà traitées deux ventes nouvelles :

L'une à Simon dé 5o tonneaux harengs, à fr::250: l'un Soitfr Le RE 55 0 L’autre à Raoul de 30 caisses amidon à fr. 250 l’une, soit fr. . . : : 7,500 »

Voici le compte :

Fo3"DOIr, Marchandises Générales. AVOIR. F3.

| 1904 1904 Janv.| 7|à MATHIEU sa Janv.|20 | par NAUDET fact. à 10 cais- - (compte spécal) ses savon à ma fact. de ce fr M254lune;, jour à 40 cais- A SE À 5.000 ses savon à fr. 150 l’une fr.| 6.000 8| à FABRE sa 21 Ipar GUILLAUME fact. à 1000 kss (ete spal) ma sucre brut à fact. à 1000 kss ÉEAO COM TEeE 600 sucre brut à ER) tr:0,70 {be 100 »|a MARTIN sa 25| par SIMON fact. à 50 ton- (ete spal) ma neaux hareng fact. à 50 tonà {r7 200: l'unan neaux hareng AMEN D RSS de 10.000 à fr. 250 l’un, fc RE RTERT 12.500!

| 10 à RAYMOND sa 21| par RaoüL fact. à 50 cais- (ete spal) ma ses amidon à fact. à 30 caisfr. 200 l’une, ses amidon à TP: 22 RAR UN 10.000 fr. 250 l’une, fr. 7.500 [Avril 31|à PROFITS ET Avril! 31 MARCHANDISES PERTES béné- en magasin fice brut ou (valeur au 31 | apparent....| 9.100 avril}, fr....| 4.000!

Le recensement du magasin ayant fait apparaître qu'il y reste des marchandises valant

4,000 fr., le négociant ajoute cette somme au

crédit de Marchandises Générales, Le crédit total du compte donne

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