Psaume xxxvii, verset
LE TALMLD. 211
même au secours de t homme ^ [homme ne pourrait pas le vaincre^ [le Satan). C'est le système de la grâce. La liberté ne suffit pas à rhomme pour choisir le bien, pour vaincre le mal, il faut le concours de Dieu. Mais, Traité Nidah, second livre, el dans plusieurs autres endroits encore, Rabbi Hanina (que nous avons déjà cité), dit : M Tout est dans la main de Dieu , excepté la crainte de Dieu. » C'esl-à-dire, Dieu ne peut pas influencer Thomme pour se faire craindre. L'homme est libre. Je ne cite cette contradiction que fortuitement, car nous verrons bientôt que, malgré toutes ces contradictions apparentes, le Talmud a sa doctrine sur toutes ces questions de justice, sinon théoriquement, du moins pour la pratique. Il y a dans le Talmud des rabbins ayant les aspirations de justice et de liberté de la loi immortelle de Moïse, mais ce sont, pour ainsi dire, des voix perdues, de faibles protestations qui meurent sur le seuil de l'académie talmudique. Le fond, c'est le corps de doctrines prêchées par les Pharisiens du second temple el
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appliquées avec une sévérité rigoureuse, jusque dans les moindres détails de la vie, |)ar les rabbins de tous les temps.
Ces rigueurs n'ont fait que croître et embellir avec la venue du christianisme, attendu que le christianisme dogmatique s'est approprié toutes les doctrines théologiques desTalmudistes, sauf à les appliquera Jésus au lieu de Jéhovah, parfois en les saupoudrant d'un vernis platonique.
Seulement les juifs, tout en se soumettant aux décrets de leurs rabbins locaux, n'ont jamais accepté une codification du Talmud comme dogme.
Maimonide lui-même qui a essayé de codifier tous les règlements du Talmud dans un ouvrage intitulé : « La Main 'puissante^ >* y a échoué. Les juifs n'ont même pas accepté les treize articles de foi énoncés par ce maître selon la Bible et le Talmud. Si contraire à la loi de Moïse que fût la vie pratique des juifs , ils ont toujours sauvegardé la liberté théorique. Tous les juifs suivaient, pour ainsi dire, la tradition pratique, mais chacun se faisait un code à part, en com-
mentant à sa guise la loi de Dieu. Dès que la pression extérieure imposée par le pouvoir chrétien ou musulman se relâchait un peu, l'esprit juif, sautant par-dessus les Rabbins, aspirait vers la liberté et réagissait à l'instant même sur le monde non juif. De là même la tendance de tous les pouvoirs despotiques, chrétiens, musulmans ou païens de maintenir les juifs sous le dogme rabbinique; dogme qui est d'accord avec les principes fondamentaux sur lesquels reposent l'absolutisme, l'esclavage et l'orgueil national, c'est-à-dire, Tesprit de castes et de privilèges.
Le jour du grand pardon institué par les Pharisiens, joue un grand rôle dans le Talmud.
Mais les Rabbins ne sont nulle part d'accord sur son influence. Tantôt il est dit * : « Tous les péchés de la Thorah, sauf trois, le jour du Kipour les remet, n importe que t homme ait fait
i . Traité Sebuath, livre !!•.
pénitence ou non, » Rabbi Jehudah dit au contraire : w De même que le sacrifice expiatoire ne pardonne qu'aux repentis, après réparation^ de même le jour de Kipour. »
Ce n'est pas la seule controverse sur le Kipour et sur le pardon. Le Talmud dit en toutes lettres* :* « Z> repentir déchire le destin^ y » et quand Bëluria, païenne convertie, fait l'observation qu'il y a contradiction entre le Deutéronome, disant que Dieu ne pardonnait pas et les Nombres, où Moïse dans une bénédiction dit' : « Dieu tournera vers toi sa face, c'est-à-dire, te pardonnera, w Le Rabbin lui répond : ce Là où il pardonne, il s'agit des péchés envers Dieu, mais là où il ne pardonne pas, c'est quand il s'agit des péchés commis envers le prochain *. »
Le voilà donc bien établi. Dieu pardonne bien le péché envers lui-même, mais il ne pardonne pas le tort fait à une de ses créatures, à moins
\ . Traité Rosch Haschanah.