Deutéronome, chap. xxi, v. 10 à
femme ni pour maîtresse a\ant trente jours révolus, pendant lesquels la malheureuse jeune fille laissait pousser ses ongles, — ce qui aujourd'hui ne serait pas précisément un signe de laideur ni de deuil, — coupait sa chevelure et observait tous les usages d'uix deuil absolu^ afin de pleurer sa patrie perdue et ses parents absents. Après ces trente jours seulement, le guerrier juif pouvait l'épouser s'il en avait encore envie, mais il ne pouvait pas la i>endre.
Nous avons déjà cité les droits d'amour de la femme, même pour les esclaves.
La monogamie était la cause de la grande fécondité du peuple d'Israël dont se plaignaient tant les Pharaons d'Egypte. Ils craignaient en effet que, dans une guerre, le peuple hébreu, sortant de Canaan, ne fit cause commune avec des nations sémitiques contre eux. La Bible nous apprend que les parents de Moïse étaient également monogames; en général, la Bible cite presque toujours le nom de la mère quand il s'agit d'un grand homme. L'histoire des grands hommes prouve, en effet, qu'ils tiennent presque toutes leurs grandes qualités de la mère; c*est
pourquoi rÉvangile, imitant la Bible^ ne s'inquiète guère du père de Jésus ^
Jokébed, la mère de Moïse, en même temps la cousine de son mari, n'était pas une femme ordinaire : Fla\ius Josèphe, à ce sujet, parle d un songe qu'eut Amram le père; mais la Bible ne s'appesantit guère sur son compte, et l'on voit bien qu'elle veut nous faire comprendre que l'âme forte de la maison était la mère. Aussi, quand Pbaraon fait appeler les sages-femmes et leur reproche de ne point exécuter ses ordres barbares sur les enfants mâles d'Israël, celles-ci lui répondent* : « Mais les femmes des Hébreux ne sont pas comme les femmes égyptiennes : elles sont vives et n'ont pas besoin de notre service.» Faux-fuyant ou non, cette réponse, si spécieuse qu'elle eût dû paraître, ne pouvait pas être dénuée de toute vérité.
Moïse et Aaron sont également monogames, mais Moïse ayant épousé une Médianite, s'est vu
1 • Le Talmud a déjà fait robservation que rÉcriture ne donne pas le nom de la mère de Samson, aussi distingué par sa faiblesse d'esprit que par sa force herculéenne.