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logera aux frais de l'Élat. Mais elle n'a rien à dire pour la justice , ni pour ladministration. Juges et fonctionnaires, de même les officiers en temps de guerre, seront élus par le peuple.
Un juge suprême élu par le peuple entier, tiendra les rênes de l'Etat.
Chose curieuse. Les prophètes qui, dans le judaïsme de l'antiquité, avant l'invention de l'imprimerie, représentaient la presse moderne, sont tous sortis du peuple*, sauf Isaïe né et élevé sur les marches du trône absolument comme Moïse. « Plût à Dieu , dit Moïse, que tout le peuple fût prophète. »
Loin de craindre l'instruction et l'inspiration, tout le système de Moïse est basé sur l'étude de la loi de Dieu, que l'on doit toujours méditer.
Moïse abolit l'esclavage en principe, et ne l'admet que temporairement. Il crée le Sabath pour donner à l'esclave même étranger, et à ranimai un jour de repos forcé.
i. Cela ressort de Samuel, i chap. x, v. 13, où il est dit à propos des prophètes : 9 Un homme répondit : et qui donc sont leurs pères? » DrmK ^ai
Il ne permet même pas pour ce jour de faire allumer du feu.
Tout esclave fugitif étranger est libre en touchant le sol juif.
Il ne fait jamais une guerre offensive. 11 propose un traité de paix à tous les peuples aux frontières de la Palestine, leur promettant de payer tout comptant.
La guerre pour lui n'est qu'une défense légitime. Il n'excepte de cette règle que les sept peuplades occupant le cœur de la Palestine, adonnées à toutes les abominations, et qui, en vertu de la loi de Dieu, doivent être exterminées jusqu'au dernier homme, jusqu'à la dernière femme, sauf la vierge et l'enfant.
La femme pour lui est l'égale de l'homme pour la récompense comme pour la peine ; il craint même plus la femme idolâtre pour son peuple que l'homme.
Il assure tous les droits naturels aux animaux; de même il reconnaît à la terre des droits jaillis des devoirs accomplis de l'homme envers elle.
LOI FONDAMENTALt DE MOÏSE. 16S
Depuis ma première jeunesse, dès que j'ai commencé à étudier la Pentateuque, chaque fois que j'ai lu un livre chrétien parlant de Moïse, je je me suis demandé d'où vient que pas un chrétien, — Michaëlis excepté, — n'a pu ou n'a voulu comprendre Moïse ? d'où vient que tous l'ont calomnié ?
Plus tard, j'appris que pendant des siècles tout chrétien qui eût dit la vérité sur Moïse eût été brûlé par l'inquisition, du moins dénoncé comme un dangereux révolutionnaire.
Plus tard encore» j'ai vu que le Talmud luimême est l'adversaire le plus violent de Moïse. Il défigure la moitié de ses lois, et quant à l'autre moitié, il met à sa place ses propres erreurs. L'homme le plus injuste envers Moïse, est Voltaire. Il a cru que le christianisme sortait du Mosaïsme. Hélas non. Le christianisme est frère du Talmud. Le dogme chrétien, sauf la Trinité qui est platonique, sort tout entier avec tous
ses détails du Talmud. Ce que nous allons prouver, textes à Tappui.
La loi de Moïse n*a été abordée et étudiée que du temps de la Renaissance au quinzième et au seizième siècle.
Les Juifs eux-mêmes livrés par l'autorité chrétienne à l'autorité rabbinique, n'osaient pas approfondir la doctrine de Moïse, et l'opposer au Talmud.
Aben-Esra a hasardé quelques vérités, mais dans un langage obscur.
Quelques juifs pourtant en Italie et en AUemagne ont initié des savants chrétiens dans les secrets de la langue hébraïque. De là est sortie la Réforme, non sans de nombreuses victimes avantcourrières de Luther et de Calvin.
Enfin Spinoza le premier, poursuivi par ses propres coreligionnaires, a osé regarder en face le texte du Pentateuque.
Sa philosophie est un pur retour vers la doctrine de Moïse, avec la seule différence qu'à la place de Jéhovah , Spinoza met : C intelligence suprême j et en cela, Moïse, certes, est plus près de la loi de Dieu que Spinoza.
Depuis ce temps, plusieurs savants chrétiens ont étudié l'hébreu avec succès, mais pas un d'eux n'a pénétré le génie philosophique de Moïse. Les philosophes d'ordinaire ne savent pas l'hébreu, et les hébraïsants ne sont guère philosophes.
Mais que dans l'histoire des humains on ait expliqué ou non la loi de Moïse ; il est un fait patent, palpable, irréfragable, qui parle plus haut que tous les commentaires.
Ce fait, le voici :
Depuis que les mots : Justice, Liberté, Egalité, retentissent dans l'histoire, nul homme n'a pu articuler un de ces mots sans logiquement s'appuyer sur la loi fondamentale de Moïse, qu'il l'ait connue ou ignorée.
Où donc a-t-on vu un homme, depuis Savonarole jusqu'à Robespierre , attaquer la tyrannie et proclamer la liberté au nom de Platon ou de Plutarque ?
Mais la Bible, mais l'Évangile, là où il s'accorde Uifec la loi de Moïse ^ a toujours servi de charte imprescriptible, soit aux théologiens, soit aux grands hommes politiques progressistes.
On peut même hardiment prétendre que les révolutions théologiques seules ont abouti et que toute agitation purement politique a toujours versé de l'ornière de ranarchie dans l'ornière du despotisme.
C'est que, seule, la loi de Moïse est basée
SUR LE DEVOIR. SaNS LE DEVOIR PRÉALABLE, SEULE ORIGINE DU DROIT, PAS DE JUSTICE, PAS DE LI- BERTÉ, PAS d'Égalité possible!
Ce fut là, et c'est encore l'erreur des révolutionnaires modernes. Tous leurs travaux sont stériles, tous leurs efforts convulsionnaires.
En bâtissant sur le droit absolu^ ils bâtissent sur le sable, sur le droit du plus fort.
Du devoir accompli seul jaillit tout droit.
C'est là l'idée mère de Moïse, et c'est pourquoi la loi de Moïse est et restera la charte de l'humanité, le principe fondamental de toute justice, de toute liberté, de toute égalité, de toute solidarité.
Les détails locaux ont vieilli, les falsifications ont blanchi, mais le principe philosophique de Moïse restera éternellement jeune, car il restera éternellement vrai. Nul ne fondera jamais un
édifice solide à moins de bâtir sur ce sol divin.
Celui qui a dit à la fin du Pentateuque :
tc Et jamais il ne s'éleva plus un Nabi comme Moïse, » a dit une grande vérité. La sont les assises de l'humanité!
Dieu lui-même descendrait en personne sur la terre pour fonder une société , on pourrait lui dire : pour réussir il faudrait créer non des hommes, mais des anges, des demi-dieux. Mais Moïse a découvert la loi faite pour les humains. Nul Dieu ne C abolira^ à moins cC abolir rtuimaaiié.