BOURGUIGNOTTES ET P03IP0NS ROUGES
son église, par les obus, qui, « sa dernière illusion évanouie et dans la simplicité de son âme, tourna ses yeux, désormais, vers la cathédrale céleste qui brave tous les bombardements ».
Ainsi, de la Bretagne au front de Belgique ou d'Artois, M. Le Goffic a retrouvé ses compatriotes, dignes de leur vieille gloire, pareils aux marins de Surcouf, de Duquesne et du bailli SufFren. Les innocents, eux-mêmes, ont suivi le flot vengeur dressé contre l'invasion germanique.
Ils ne savent rien de la Serbie ou du Monténégro. Ils ignorent le pangermanisme^, l'Autriche et le meurtre de Serajevo. Qu'importe ? Ils vont au feu, les bons pauvres, comme des soldats, tels, par exemple, ce Pierrik an Chleir, «le vengeur des cloches». Ils s'évadent, un instant, de leur somnambulisme éternel, quittent la route où vagabonda, si longtemps, leur fantaisie ; ils vont mourir au service de la France, dans les armées de la République. Mendiants, ils ont leur minute d'apothéose. Ayant vécu en visionnaires, ils tombent en héros ! Et c'est à bon droit qu'ils prennent une place dans les récits de gloire voués à leur pays.