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LE VIEUX DIEU ALLEMAND

Par M. Flavien Brenier

Une préface de M. Maurice Barrés, honneur de l'Académie française et lorrain du Plateau Central ; une étude quelque peu farce, de mythologie extraordinairement comparée, où l'auteur n'hésite pas à proclamer que les troupes du kaiser et le kaiser lui-même adorent Wotan, dieu borgne au manteau d'azur : c'est Le vieux dieu allemand de M. Flavien Brenier. Si l'opuscule de cet inconnu témoignait d'une curiosité intellectuelle, même en surface, d'un esprit scientifique, même rudimentaire ou passionné, on pourrait, ici, remarquer à propos la parenté, soit du Zeus hellène, soit du Mercure latin, avec le Wotan germanique. C'est une divinité commune au monde gréco-romain, aux

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Barbares et aux Gaulois romanisés. Parfois, elle s'identifie à Thor [Dunder), personnification du tonnerre. Notre joubarbe [Jovis barba) est dite, en Allemagne, Doiinerbart ; elle y passe encore pour détourner la foudre. Tacite (Germania, Hist .^ passim)diÇ>?>un.\\eTh.or ou Odin (Wotan), tantôt à Jupiter, tantôt à Hercule. Tacite, d'ailleurs, écrivait un roman à thèse, une manière de sermon plutôt qu'une satyre, comme le prétend (avec une faute d'orthographe) M. Firmin Brenier. Wotan, Woden (Wind, vent) fut, d'abord, selon toute apparence, un dieu météorologique, adoré chez les Celtes comme chez les Germains, avant que le clergé druidique n'eût transformé en spéculations abstraites les croyances populaires. Suivant la remarque de M. Salomon Beinach, le paganisme germanique a survécu de cinq siècles au paganisme celtique. Nous sommes donc mieux informés à son sujet. La première Edda (principal document sur ce que M. Brenier nomme rodinismé) remonte seulement au xir siècle. Celle en prose — Edda de Snoor — date apparemment du xin% l'auteur étant mort en 1241. « C'est la poésie des Vikings, non celle des anciens Germains. »

En ce qui concerne Wotan, « dieu à la fois atmosphérique, infernal et nocturne », il est difficile de ne pas établir un lien entre cette

conception germanique et celle des Gaulois « qui, d'après César, se croyaient la postérité d'un dieu identique à Pluton ». Ces problêmes laissent fort suspens, les esprits désintéressés. Wotan — cela paraît indiscutable — fut, en premier ressort, la tempête, le tourbillon qui s'effare à travers la nuée et la disperse en lambeaux(C/. Nell Doff, sur les Walkures, nuages pluvieux du Nord, lourds d'éclairs, de grêle, que seuls ont pu concevoir comme des personnes vivantes les poètes de ces climats).

De même, Erda (Nerthus, dans Tacite) incarne primitivement la terre. Ou plutôt, c'est la terre elle-même. Ensuite, elle devient la Parque, véridique (Norne) ordonnant le destin des hommes et des dieux. C'est enfin, chez Gœthe, l'Esprit de la terre, VErdgeist^ en qui Faust rêve de « saisir la nature » dans sa plénitude et sa réalité.

L'assimilation de la guerre à la tempête, fournit une image qui a pris corps dans toutes les religions ;les Titans, par exemple, en guerre contre Diaus-pytar {Zeus pater) sont les proches de Wotan.

Mais ce n'est pas un livre d'érudition que M. Flavien Brenier a prétendu écrire. C'est un pamphlet, une machine de guerre dressée au pied du Walhalla.

M. Brenier, en effet, paraît avoir une lecture

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