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UNE

VOIX DE FEMME DANS Ll MÊLÉE

Marcelle Gapy

M"' Marcelle Capy est, avec M. Fernand Desprès, l'une des saintes femmes qui suivraient à la trace M. Romain Rolland si ce « chrétien à musique » — ainsi le nomme William Vogt — n'avait prudemment gagné la terre étrangère, d'où, tout en faisant des spéculations heureuses et profitant au mieux des morts et des blessés, il traite de cannibales, voire de « lâches », ceux qui, bêtement, se font tuer pour leur pays.

Romain Rolland, si bien exécuté par William Vogt dans sa plaquette : A propos du moins romain..., désertant les papiers lacrymatoires,

OÙ Sébastien Faure ténorise, où barytonne Georges Pioch, a pris le temps d'écrire pour sa dévote une préface toute redondante de suffisance et de pédantesque vanité. Le livre ; Une voix de femme dans la mêlée^ est infiniment supérieur à ce titre funambulesque. De même, à la présentation où Jean Christophe se pavane dans un jabot passablement dindonnier.

Si même, résistant à Tenfantillage de figurer par des blancs les inhibitions de la Censure, M"' Marcelle Capy avait imprimé cet ouvrage décemment, on le pourrait citer parmi les plus saines, les meilleures lectures qu'ait suscitées la guerre. Marcelle Capy ne pense pas comme Odette Dulac ; elle range parmi les « grotesques » ceux qui, de l'arrièregarde, « chantent les langes blancs après le crêpe (près le cre) des veuves. » Quand l'influence de M. Rolland n'embabouine pas son esprit de calembredaines tolstoïstes, elle voit juste et parle net. Elle fut l'une des premières à comprendre, à sentir dans toute sa beauté Tœuvre des Orphelins de la guerre. Elle rendit pleine justice à l'héroïque Emile Vitta, fondateur de cette Icarie où, sans formalités ni paperasses, les enfants abandonnés trouvent, sur-le-champ, un abri et les tendresses du foyer, où tout n'est qu'harmonie et dévoue-

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