‹ Les livres sacrés du CambodgeChapitre 112 sur 275 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Les sont une très faible partie des livres sacrés

du bnddliisine (jui composent, on le sait, trois immenses collections réunies sous le nom de Tripitaka, les « Trois corbeilles ». La première de ces corbeilles est le Vinai/apitalcG, la seconde est le Siiti'ctpiicihd et la troisième est 1 Abla(lliarrnapitaka.l^{\ÿ,eQ.on(\c. corbeille compte cinq parties, dont la dernière, le KhuddaUanikùijd, se divise en quinze recueils. Les jâkdia.s forment le dixième de ces quinze recueils.

Ce livre est certainement le plus populaire de la littérature buddhi(|uc, parce qu il est le plus amusant et une sorte de recueil de contes moraux, faciles à lire et à la portée de toutes les intelligences. Cependant le jâtaka est un récit qui a sa forme propre et son but particulier. Il n’est pas n importe quel conte, il est un conte se rapportant au Buddlia ou à quelqu’un de ceux (jui l’entourent.

Il est, a proprement dire, le récit d’une existence antérieure, récit fait par le Buddlia, dont l’omniscience s’étend à la connaissance complète des choses du passé. Cette faculté de lire dans le passé, d’avoir le souvenir des e.xistences antérieures, n’est pas particulière au Buddlia et M. Léon Feer a eu tort cl écrire (jue « de tels souvenirs ne peuvent être évoejués Cjue par le Buddha, » car nous trouvons dans deux jâtakas, que je donnerai plus tard, le Mcdiùnarada-Kasyapa-jâtaka et le Ni incaréaçlt-jâtaka , que cette faculté peu^

être celle non seulement d'un Ruddlui ou d’un Bodlnsattva, mais même la faculté méritée d’un saint et même d’une sainte. La princesse Roueha jouit de la faculté de se rappeler ses dix-sept dernières existences antérieures et raconte à son père Angati, roi du Magiiada, les fautes graves contre la pureté qu’elle avait commises autrefois ; or, elle n’était pas même un Bodliisattva puisciue nous la trouvons renée à l’époque du Buddlia sous le nom du disciple Kasyapa. Les dix mille ascètes de l’IIimalaya (|ui, au dire du Ximcaréaçlt-jùtaka, jouissent de la faculté de .se souvenir de leurs (piatre dernières existences et de savoir les choses qui s(' sont passées au cours des quarante derniers kalpas, ne sont pas plus (|ue Rouclia des Bodlnsattvas.

(Ijuoiipi’il en soit, le jâtaka comjirend : 1" une sorte d’introdnetion dans la(]uclle le rédacteur indique le lieu où le récit a été fait par le Buddlia et les circonstances (pii ont jiorté le Buddlia à le faire ; 2" le récit lui-méme (]ui est donné comme ayant été recueilli de la bouche même du Buddlia ; 3“ une troisième jiartie qui en est pour ainsi dire la morale ; et entin 4" une f(uatrième partie ipii est une identitication des personnages du récit avec le Buddlia, <|uelqu’un ou qiiehjues-uiis de ses contemporains.

On connaît 5 17 jàtakas du Buddlia, qui forment toute une l)il)liothé(pie et qui représentent un travail considérable ; le premier est VAi)an<(ka-jâtalia ci le dernier le Vcssiantarajâtaha. Les uns comme le Vossantara et le MùJiasiidha .‘iont très considéraliles et donnent chacun la matière d’un fort volume ; d’autres, comme les petits jàtakas que le lecteur rencontrera au coursdu.sobTii/c Técatat necomprennent (pie (pielques lignes. Parfois le jâtaka est un véritable conte moral, le plus souvent une fable avec son prologue, son récit et sa morale dont le Buddlia est presipie toujours le héros. Spence Hardy a fait relever le nombre de fois ou le

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