‹ Les livres sacrés du CambodgeChapitre 125 sur 275 · Retour des dissidents · texte numérisé non relu

Retour des dissidents

Quel([ue temps après, le Saint ayant résolu de reprendre à Tévatat les disciples (pi’il lui avait enlevés, envoya Saribot et Môkaléan. Quand ceux-ci arrivèrent au monastère de Tévatat, ils le trouvèrent qui prêchait. Les voyant, il crut qu'ils avaient quitté le Saint, et leur dit après son sermon :

— ^'ous avez (‘télés deux principaux disciples de Sitliéat kaiidoin'; vous étiez assis à sa droite et à sa gauche; veuillez, je vous pi ie, prendre les mêmes places à mese(')tés.

Les deux grands disciples lireut ce que Tévatat leur disait et Tévalat les pria de ])rêcher à sa place pendant ([u'il irait reposer. Saribot commença de prêcher. Quand il eut (ini, les oOO disciples de Tévatat, ayant acquis le premier degré de la perfection, s'élevèrent dans les airs et se dirigèrent vers l'endroit où se trouvait le Buddha.

Voyant ce (jui se pas.^^ait, un disciple dévoué à Tévatat courut à lui pour l'avertir. Celui-ci entra dans une sigrande colère à cette nouvelle qu’il frappa son disciple au point de le faire saigner de la bouche.

Cependant les religieux voyant les 500 qui accouraient au monastère du Saint furent le prévenir; au même instant, Saribot et Môkaléan pénétraient près de lui, le saluaient et lui disaient que Tévatat l'imitait en toutes choses. Le Saint répondit :

— Il a fait ce qu’il a toujours fait dans le passé; il me contrefait.

Les religieux le prièrent de leur dire ce que Tévatat avait fait dans le passé :

— Nous savons bien, disaient-ils, qu’il vous contrefait aujourd’hui, mais qu'il vous ait autrefois contrefait, nous ne le savons pas.

11. — Six jataka.s: L’échassier et l’oiseau a courtes PATTES. — L’oiseau pic et l’oise.xu gramivore. — Le tigre et le chachak. — Le loup et l’oiseau a long cou.

— Le cerf et le chasseur. — Le pêcheur qui se noie.

Alors le Saint leur dit :

— En ce temps-là, j’étais un oiseau qui cherchait sa vie 1. Sidd/iurtha Gaiifania.

LE S ATR A DE TÉVATAT

dans les eaux et sur la terre; quant à Tévatat, il était un oiseau de terre. 11 voulut comme moi prendre du poisson dans un marais; il s’y embourba, s’y mouilla, ne ])ut se .sauver et y mourut.

— A une autre époque, j étais un petit oiseau rouge qui vivait des vers qui se cachent dans les arbres. Tévajat était un oiseau d'une autre espèce, mais parce que je vivais de vers, il voulait vivre également de vei’s. Alors, pondant c(ue je cliercbais les vers qui se cachent dans lecteur des arbres et (pic je cherchais ces arbres dans une grande et vaste forêt, Tévatat les cherchait sur les arbres où ils ne sont pas, et les bcccpietalt avec tant de force que sa tête se brisa.

— A une autre épo((ue encore, j’étais tigre et Tévatat était unchâchfik' ; comme tous les tigres, j’attaquais les éléphants de la forêt, je les tuais et je les mangeais; Tévatat, voulant faire comme moi, se jeta sur un éléphant; celui-ci d’un coup de trompe le roula :i terre et d’un coup de pied l’écrasa.

Quelques jours plus tard, le Saint s’adressant encore aux religieux, leur dit :

— hin ce temps-h'i, j’étais un grand oiseau à long cou et Tévatat était un chàchâk glouton. F,n mangeant, il avala un os et cet os lui demeura au gosier; cet os le piquait, l’étranglait, le faisait souffrir; il l’eût tué si je n’étais venu à son secours; j’eus pitié, je vins à lui, j’introduisis mon bec et ma tête dans sa gueule, j’arrachai l’os qui s’était engagé dans son gosier. Or, comme il m’avait promis une récompense si je parvenais à le débarrasser, je lui demandai à manger. 11 me refusa en disant : « Je vous ai laissé entrer dans ma gueule et en sortir sans aucun mal, n’est-ce donc point assez »

— Un autre jour, j’étais un cerf et Tévafat était un chasseur

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