‹ Les livres sacrés du CambodgeChapitre 126 sur 275 · Une sorte de chacal · texte numérisé non relu

Une sorte de chacal

2. Comparez avec notre fable de La Fontaine, Lo Lorip et la Cùiofino.

cruel. Un jour, il monta sur un arbre, couvert de ces petits fruits que les cerfs recherchent avec tant de soin et qu’ils mangent avec tant de plaisir. Il y construisit un mirador et s’y installa avec son arc et ses flèches, (iuand, sans le voir, j’arrivai près de l’arbre, Tèvatat jeta (pielques fruits à terre afin de m’attirer en bonne place. Mais les fruits tombaient obliciuement au lieu de tomber verticalement; cela me donna l’éveil et je levai les yeu.v sur l’arbre; je vis le mirador, je vis le chasseur, je vis son arc, je vis la pointe aiguë de la flèche, et je m’en allai.

— Une autre fois, Tévatat était un pêcheur cruel; ayant un jour jeté sa ligne, l’hameçon s’accrocha à un tronc d’arbre (jui gisait au fond de l’eau. Tévatat, croyant avoir pris un gros et lourd poisson, se réjouit d’abord ; puis ayant pensé (|ue,si le poisson était gros, il ne pourrait tout garder pour lui et devrait en donner une bonne partie à ses amis, il s’attrista. Afin de ne rien leur donner, il envoya son fils annoncer à sa femmela bonne pèche qu’il croyait avoir faite et l’inviter à chercher immédiatement (luerclle à ses amis. La femme prit alors son petit chien et s’en alla chez un de ses amis, monta chez lui et se mit à lui adresser des reproches ridicules ; cela fait, elle alla chez un autre, puis de chez celui-ci chez un autre encore, jusepÉa ce ([u’elle se fût fâchée avec tous. Pendant ce temps, Tévatat tirait sa ligne sans pouvoir amener le poisson (|u’il croyait être au bout ; alors il se dépouilla de ses vêtements, les laissa sur le bord de la rivière et se jeta à Tenu la tête la première afin de plonger. Malheureusement pour lui, sa tête porta sur le tronc d’arbre, pénétra entre les branches serrées et ces branches lui crevèrent les deux yeux. A ce même moment des gens (pli pas.saient, voyant des vêtements sur le bord de l’eau les prirent.

Quchpies jours après, ses amis appelèrent sa femme devant

LE SATRA DE TÉVATAT

le juge; elle fut condamnée parce qu’elle les avait injuriés, et, pour payer l’amende, elle fut obligée de vendre tout ce ([u’elle possédait.

Page 1