Le Voyage de la Reine
Quand le Saiiidach Eyntréâthiréaçb, conduisant néang Tévi dans sa voiture, arriva au bord d’un cours d’eau, à 30 yuçh’ de la sala, il s’arrêta un instant afin de donnera néang Tévi le temps de se liaigner.
Comme elle dormait, il la réveilla et lui dit :
— Eh bien ! que faites-vous, vous ne pensez donc pas à aller vous baigner? Voulez-vous donc être malade?
— Mon cher néak-ta, répondit néang, je n’ai pas de langouti pour me baigner.
— Eh! j’en ai un, moi, dit le néak-ta, prenez-le dans la voiture.
Alors néang Tévi souleva le lit de la voiture, prit le langouti, le vêtit à la place du sien, descendit de la voiture
1. 408 kilomètres. — Yuçh, du p. j/ojann, 13 kil. GOO, d'après les Cambodgiens.
PRÉAS MOIIA-CIIÎNOK
et alla so baigner. Quand elle eut achevé de prendre son bain, elle remonta dans la voiture et reprit de suite son vêtement.
Le Sàihdach l;lyntré;ithiréaeli lui demanda :
— Avez-vous faim?
— Eh! oui, mon cher néak-ta, j’ai grand faim.
— Eh bien! ma chère, j’ai du riz cuit, prenez-le dans la voiture.
Alors néang Tévi souleva le lit et prit ce qu’il fallait pour manger.
Comme on arrivait dans la soirée à peu de distance de Cliàihbâ-nokor, néang Tévi et Indra firent la rencontre d’un nombreux corps d’armée et, au bout de la route, ils virent la corniche sculptée de l’enceinte’, puis les portes monumentales des citadelles de Châhibà-nokor. Néang Tévi ne connaissant pas cette ville et, ne sachant pas où elle était, dit ;
— Eh ! mon cher néak-ta, comment se nomme cette ville royale ?
— Flh ! comment vous ne la connaissez pas [dit Indraj, c’est Châriibâ-nokor.
— O! mon cher néak-ta, pour quoi dites-vous cela? Je ne connais pas cette ville, c’est vrai, mais je sais depuis longtemps que Châriibâ-nokor est à soixante yuçh do Mithîla. Vous n’allez pas me faire croire que du matin au soir vous m’avez conduite (de Mithîla) à Châriibâ-nokor.
— 01 ma chère [dit le vieillard], pourquoi parlez-vous ainsi â votre tour? Je ne suis pas de ces voituriers qui mènent les voyageurs par des chemins tortueux ou par la route droite sans avoir réfléchi ; moi, avant de partir, je songe â tout, je réfléchis et je cherche la route la plus courte. Voilà pourquoi nous sommes si vite arrivés.