L’aciiariya Tisâpamokkiia
Seigneur!' par un effet de la puissance du Rodhisattva (pli s’était incarné dans le ventre de néang Tévi, un achar nommé Tisâpainokkha-piAihm' cpii liabitait le Cliâihbâ-nokor fut incommodé en tout son corps jiar une grande chaleur. Ne pouvant demeurer trancpiille, il s’adressa aux cinq cents élèves qu’il enseignait et leur dit :
1. Bànpit, ])i‘obableinGnt du p;\U roi, et du sanscrit hhupnii.
maître {pat!) de la terre (h/ià), roi. Cet ai)])(dlaf if isolci nous montre que ce jâtaka est l'objet d'un récit l'ait à un prince.
2. En pfili : Disâpaiiiol./.ha hrahniana Ce nom sitrnilie « qui a une lointaine renommée ».
PRÉÀR MOIIA-ÇIIÎNOK
Eh bien! vous tous, allons-nous baigner afin do nous rafraîchir et d’apaiser notre gène.
Les élèves, à ces paroles de l’achar Tisâpamokkha-préahm prennent, qui des sfe/L. ’qui des langoutis pour bains, se groupent autour de leur professeur et se dirigent vers un bassin situé près de la porte sud de la capitale.
L’achar Tisâpamokkha-préahm s'approche par hasard du sala et aperçoit néang Tévi; il sent de suite en son cœur qu’il l’aime comme une sœur de même père et de même mère et pense ainsi : « Je vais lui parler, en la cajolant comme un frère cajole sa sœur. »
Alors il donne l’ordre à ses ciiKj cents élèves de rester dehors et il pénètre seul dans le sala.
— Ma chère sœur [dit-il à néang Tévi], de (juel pays venez-vous et pourquoi vous trouvez-vous en ce sala ?
— Eh ! mon cher maître des vies (répondit-elle), je ne suis pas une femme de mauvaise vie, une porteuse de corbeille qui court les salas ; j’ai été l’épouse d’un roi.
— Alors, reprit l’achar, si vous êtes reine, où sont les dignitaires, les amâtyas et les femmes du HT qui vous accompagnent ?
— Mon cher maître [dit néang], je n’ai pas dit que j’étais encore reine; hélas 1 si j’avais encore des dignitaires et mes femmes du lit, je serais dans une grande inc|inétude et dans une anxiété à me briser la poitrine. Hélas 1 mon cher maître, mon mari était Arit-Çhînok, roi de Mithîla-nokor ; il avait un frère nommé Pola-Çhînok, ([u’il aimaitautrefois I)eaucoup; ils sont devenus ennemis et se sont fait la guerre, une guerre terrible. Arit-Çhînok est mort sur le champ de ba-
1. Sorte de bol en cuivre avec lequel les femmes vont se baigner et qui leur sert à s’asperger ; autrefois ces vases étaient en argile et. dans un temps plus reculé, en bois, de simples noix de coco.