‹ Les livres sacrés du CambodgeChapitre 144 sur 275 · Si-cti sjuhh, femme du lit, femme de chambre · texte numérisé non relu

Si-cti sjuhh, femme du lit, femme de chambre

taille et j’ai eu ])eui'. Alors je me suis sauvée de Mitliila, j’ai trouvé une voiture conduite, par un vieillard ; il a eu pitié de moi, il m’a prise dans sa voitui’e et il m'a déposée à la porte de C(' sala; puis il est parti vei-s l’orient un instant avant voti’e arrivée ici.

— lélt Irien ! [dit l’achar'], avez-vous des parents en cette ville ?

— Hélas 1 mon cher rnartr’e, non seulement je rr’ai pas de par-ents ici, mais je n’y connais per'sonne.

— Mais alor's, ma chère [r'eprât l’achar'], si vous no connaissez per’sonne ici, (ju'allez-vous devenir ? voulez-vous être ma suntr d’adoption. Je suis l'achar Tisâparnokkha-pr’éahm cpti enseigne aux enfants la rnor-ale d’après les satr'as, et qui leur parle des éléphants, des chevarrx, des voitirres, de toutes sortes de choses enfin : nra chère srrur, si vous acceptez rrra pr'0])osition, venez voits consoler chez moi ; les gens cr’oir’ont, en vorrs voyant en ma maison, (pie vous êtes ma .sœirr.

Néang Tévi r’épondit:

— Mon cher maître, votre pr’oposition est gracieuse et me fait bien augur'er de votr’o bonté.

Puis, se jn’osternant aux pieds de l’achar 'l’isâpamokkhapr’éahrn, elle se lamente et pleur’e ; l’achar veut la consoler et pleure avec elle.

Ce])endant à l’extérieur dir sala, les cirni cents élèves, entendant pleurer leur rnaitr’e, se disaient; «Pourquoi notr’o rnaitr-e ])lerrre-t-il ainsi, il y a certainement (pielque cho.se de gr’ave. » Alors ils entrent dans le sala et lui disent:

— Cher maître, pourrpioi plour’ez-vous ainsi? Qire vous est-il ara’ivé?

— Hélas ! Je pleure parce que je viens de r’etrouver ma sœur.

— ^’'ous pleurez parce que vous avez retrouvé votre sœur ?

PRÉAS MOIIA-flIÎNOK

— Hélas 1 VOUS tous, vous iio comproue/. pas; j’avais perdu ma sœur depuis longtemps déjà, et voici maintenant (juc je l’ai retrouvée toute seule ici et abandonnée. Je pleure parce que j’ai pitié d’elle.

Les élèves lui disent :

— Seigneur, notre maître, vous ne vous lamentiez pas sur votre sœur avant de l'avoir retrouvée, pourquoi pleurezvous maintenant que vous l’avez rencontrée ?

Le maître, entendant ses élèves parler ainsi, leur dit:

— Vous avez raison de parler ainsi, vous tous (jui m’êtes chers. Allez de suite chercher une voiture, étendez-y un tapis bien doux et amenez-la ici afin que ma sœur puisse se rendre en ma maison. Ln même temps, dites à mon épouse de préparer du riz, de faire chauffer de l’eau et d’avoir près d’elle de l’eau froide pour ma sœur. Allez et n’oubliez rien.

Les élèves se retirent ; les uns vont préparer la voiture, ils étendent des tapis bien doux; les autres vont prévenir néang Préahm’, la femme de l’achar Tisâpamokkha, et lui répéter les recommandations du maître.

Alors [l’achar] prend néang Tévi et la dépose dans la voiture, puis les élèves la conduisent à la maison.

Par un effet de la puissance du Bodhisattva incarné dans le ventre de néang Tévi, néang Préahm ne peut demeurer inactive ; (die reçoit néang Tévi, la baigne avec de l’eau chaude, puis avec de l’eau froide ; elle la fait coucher sur son tapis le plus doux, le meilleur, et l’engage à dormir.

[A partir de ce jour], quand l’achar Tisâpamokkha-préahm mangeait, il invitait chaque fois néang Tévi à manger avec lui et prenait le plus grand soin d’elle.

1. Le mot pfè((lii)i n’est pas son nom, mais le substantif qui désigne la caste de son mari et la sienne ; j’aurais pu traduire (( madame la labralimani » ou « madame la brahmane ».

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