Çliînok le prince ; du pâli Jundaikiinuira
3. L’ruits lenticulaires d’une liane qui .servent à jouer à un jeu qui porte leur nom et qui est tout à la lois le jeu de palet et celui des billes. Ces Iruits servent aussi à jouer aux o.sselets. Ils sont plus larges que le plus gros des marrons d’Inde.
pRÉAS MOHA-rlIÎNOK
— Qui vous a frappés, enfants ?
Les enfants répondirent :
— Eh 1 chères mères, c’est l’enfant (jui n’a pas de père (|ui nous a frappés ; nous ne voulons plus aller jouer avec lui parce (ju'il est très méchant et ([u’il nous tuerait.
Alors les mères, furieuses, prirent leurs enfants par la main et s’en allèrent trouver le Bodhisattva. L’ayant aperçu, elles lui mettaient le doigt sur le visiige et rinjuriaient en disant :
— Puisque cet enfant (jui n’a pas de père est méchant, nos enfants n’iront plus jouer avec lui ; il les frappe :i les tuei', ce qui est très mal. D’ailleurs c’est naturel: les enfants (pli n’ont pas de père sont toujours méchants.
Entendant les paroles injurieuses que toutes ces ini'res lui disaient, le Bodhisattva réflécliit dans son cnair : (( h"st-cc donc vrai que je n’ai pas de père ? .le vais aller le demander à ma mère. » Ayant ainsi réfléchi, il alla trouver sa mère et lui dit :
— Ma chère mère, dites-moi la vérité. Comment se nomme mon père ?
Néang Tévi ne crut pas devoir lui dire la vérité et répondit :
— Eh I mon cher enfant, ([u’avez-vous donc aujourd’hui (pie vous venez me demander le nom de votre père ? ne savez- vous pas (pie l’ai-har Tisâpamokkha est votre père ?
Le Bodhisattva ne répondit rien et s’en alla trampiillement. Mais un jour (pi’il était de nouveau allé jouer avec les enfants, et que les ângkonh avaient roulé loin de lui, il dit il ses camarades :
— Eh vous autres, allez donc me chercher mes ângkonh, et dépéchez-vous.
Les enfants se dirent entre eux :
— Eh 1 (( d('péclicz-vous ». Voilà (pi’il nous prend encore
pour ses domeslique.s et qu’il nous commande d’aller vite ramasser ses ângkonli.
Les entendant parler ainsi, le Bodhisattva leur dit :
■ — Lli 1 f(ue ces enfants sont donc entêtés. Attende/, un peu, je vais aller vous casser la tête.
— Vene/-y donc encore, dirent les enfants.
Alors il alla à eux, leur prit les mains et les fra[)pa. Les enfants crièrent et, tout })leuiants, coururent chez eux. Les mères les voyant ainsi s’émurent encore et leur dirent :
— Qui vous a frappés ?
— Les enfants répondirent :
— Hélas 1 mères, c'est encore celui (jui n’a pas de père (jui nous a frappés.
Les mères, tries en colère, prirent la main de leurs enfants (‘t s’en allèrent trouver le Bodhisattva. T/ayant rencontré, elles le montraient du doigt et disaient :
— Cet enfant sans père est un enfant méchant [larce (ju'il est né tout seul.
Le Bodhisattva dit vivement :
— léh ! pourquoi dites-vous ([ue je suis né seul, que je suis un enfant sans père ? Ne savez-vous pas (jne l’achar 'risiq^amokkha est mon père ?
— -Comment, disaient-elles, votre père!., [l’achar] vous a reçu par charité et vous prétendez aujourd’hui (|u’il est votre père ?
Le Bodhisattva réfléchit et se dit en lui même ; « Quand j’ai demandé à ma mère quel était mon père, elle m’a dit (juc l’achar Ti.'^âpuinokkha est mon père, or voici (pic les femmes m’insultent et disent encore (pic je suis un enfant sans père. Bourcpioi cela, jevaisde nouveau aller interroger manière. » Alors il alla trouver .sa mère, se mit à téter' et lui dit :
1. Les ciifaïUs tétciit souvent au Cambodge jusqu a quatre et même cinq ans.
l’UÉAS MOIIA-ÇIliXüK
— Mil chère mère, clites-moi lu vérité. Quel est le nom de mon père. Si vous ne dites pas la vérité, je vais vous mordre le sein.
Sa mère ne répondant piis, il serra peu i\ peu le bout du sein avec les dents. Alors néang Tévi le lui arrachant de la bouche lui dit :
— Mon cher enhint, l’iidiar 'Fisâpiimokkha n’est piis votre père. Votre père se nommait Arit-Çhinok et régnait à Mithila-nokor. Son frère Pola-Çhinok lui a déclaré l;i guerre et votre père fut tué sur le champ de bataille, (iuant à moi, prise de peur à cette nouvelle et ne pouvant rester à Mithila, j’ai puitté le royaume et je suis venue en cette ville. L’achar Tisâpamokkha m’a rencontrée toute seule, il m’ii adoptée pour sa sœur et m’a prise dans sa maison .
Le Bodhisattva, apprenant cela, retourna jouer avec les enfants et, (luand ceux-ci lui disaient qu’il était un enfant sans père, il ne répondait pas et ne se fâchait point contre eux.