MoiLA-ÇîliNOK QUITTE SA MÈRE
A seize ans, le Bodhisattva était un joli garçon, aimé de tout le monde et qui avait retenu le Tratj-phôV dans son excellente mémoire.
Il résolut de s’emparer de l’éminent parasol à cinq étages et du pouvoir royal que son père avait possédés à klitliilanokor. Alors il alla trouver sa mère et lui dit :
— Ma chère mère, quand vous êtes partie de Mithilanokor, n’avez-vous rien emporté avec vous, ou bien avez-
1. Nom d’un sutra cambodgien, dont je donnerai plus tard la traduction.
VOUS emporté quelques richesses ? Si vous avez pu emporter quehiue chose, je vous prie de m’en remettre une partie, car je veux m’associer à des commerçants et me livrer au commerce, afin d'amasser une grande fortune. Quand je serai très riche, je lèverai une armée de guerriers et je m’emparerai du trône et du pouvoir ro} al que mon père a possédés à IMithila-nokor.
— U mon cher enfant, dit la mère, (juand je suis partie de Mithila, je n’avais pas les mains vides; j’emportais une Icelle fortune de monirût'. Beaucoup sont d’un si haut prix (ju’il est dillicile de les estimer; si je devais le faire, je dirais qu’il y en a avec lesquels on pourrait acheter un royaumeh Eh bien! si votre intention est, mon cher enfant, de veus emparer du trône et du pouvoir royal que votre père a possédés, prenez un ou deux de ces monirôt et vous alliez largement les mo\ens de nous livrer au commerce. (J mon cher enfant, ajouta-t-elle, si vous me quittez pour aller au loin, vous (]ui m’êtes plus précieux que mon foie, je resterai seule sans personne pour me protéger ? Comment pourrai-je vivre encore? U mon cher enfant, lesmers sont grandes, profondes et si larges (ju’on n’a jamais vu l’autre lÛN âge ; beaucoup de gens y ont été malheureux et y sont morts; et vous, si jeune encore, (|ui ne savez rien de la vie, vous voulez vous lancer sur la mer. O mon cher enfant, je ne veux pas (pie vous vous livriez au commerce maritime.
Le Bodhisattva répondit à sa mère :
— Ma chère mère, j’ai eu jusipi’ici beaucoup de chance, [louixpioi conjecturez-vous mal. Je suis déjà engagé avec les commerçants ; je ne puis plus rompre la parole d’engagement. Je me prosterne à vos pieds et je vous prie de me