‹ Les livres sacrés du CambodgeChapitre 156 sur 275 · Du pâli sallaki. le Bosicelliu thurifera · texte numérisé non relu

Du pâli sallaki. le Bosicelliu thurifera

PKÉAS MOHA-CHÎNOK

sur le point de mourir, il a dit : « Si quelqu’un peut obtenir les bonnes grâces de ma bile, il doit avoir le trône et le pouvoir royal. »

Un des grands ministres, nommé Polapban, qui était la, lieureux, se disait en lui-même : — « Qui donc osera jamais prétendre aux bonnes grâces de la bile du roi, si ce n’est moi? moi seul puis obtenir l’amour de néang Sinil)ali-tévi. » Ayant ainsi songé, il s’en alla trouver la néang sous prétexte de service et lui fit ses propositions.

Néang, l’ayant écouté parler, lui dit ;

— Merci bien 1 continuez votre service et revenez ce

soir.

Tous les bis et les ministres avaient entendu la réponse de néang, et Polapban très heureux s’en allait en se disant :

« Eh ! j’aurai néang pour femme et l’éminent parasol à cimj étages, les biens royaux seront bientôt a moi. Je dois ce ])onheur aux mérites [que j’ai certainement ac([uis au cours d’une autre existence], mais pourquoi ce bonheur ne m’estil pas venu quand j’étais encore jeune ? »

Quand le soir fut venu, il s’habilla d’un beau langouti, d’un beau vêtement et s'en alla demandant aux gens ([u’il rencontrait.

— Eh bien 1 regardez-moi. Comment me trouvez-vous? Pensez-vous ([ue je suis assez bien pour être votre maître ?

Et chacun d’eux lui répondait:

— O mon cher maître, ô mon cher maître, vous êtes joli, très joli, mais la (jueue de votre langouti n’est pas tout à fait droite.

Alors il rentra chez lui et relit le pli de son langouti: puis il se rendit a la salle du trône. De la, il en\o}a un garde annoncer à néang ()u’il se tenait prêt a lui rendre hommage.

Néang dit au garde:

ISi I,K5i LIVRES SACRÉS DU CAMRODC.F,

— -Mil! ,!(' lui suis l)icu i'ccouuaissaiitè d’rtre \enu. Retouillez prés de Polapliaii, luoii grand luinislre, et diteslui de veiiii’ me trouver iei. , ^ ‘

(^ueliiues instants aiirès, le grand ministri' se trouvait en présence de néang et eelle-ci lui disait:

— l'ili bien, Polaphan! je veux ajiprécier votre l'oree avant de vous reecNoir. Allez dans la salle du trône et faites en sept fois le tour (ni eouraiit aussi viti* (pie vous pourrez, puis reveiK'z nie rendre vos lioiuniages.

Polajihan, très heureux (d eoniptant obtenir ainsi les fa- V('urs de luhing et le poinoir royal, se rendit dans la salle du trône; il en fit sejit fois le tour en eouiaiit, jiuis, tiùs essouflé à en mourir, il revint non moins content prés de néang.

— A’enez ici, lui dit néang, et jiri'S.si'z-moi la jambe.

Polaplian s’a[)procha de i.unuig, mais celle-ci lexaiit le

])ied lui en donna un couj) si fort dans la poitrine (pi'il roula du trône juscpi’en bas. Alors les fiMiiiiKxs de ohamlire .«^e j('lérent sur lui, 1(‘ frappèrent à le tuer. ])uis 1(' laissi'rent s’enfuir en sa maison. Alors les gens (ju'il l'encontrait lui disaient :

— Pli bien! seigneur ministre, néang est-elle eontente de vous.

Kt lui leur répondait:

— O vous tous, ne me parlez pas davantage. Je croyais (jue cette néang-là était une femme intelligente et remplii' d(‘ sagesse, or cette femme est semblalile à une yéakk'Iiini'. fSi elle ne m’aimait pas, elle pouvait me refuser? Pouripioi m’a-t-elle frappé du pied, jeté à bas et fait battre par ses femmes jus(pi’à m’étourdir, ju.Kipi’à me tuer.

Depuis ce jour-là, nul parmi les mandarins et les ministres n’osa jilus rechercher les faveurs de néang.

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