‹ Les livres sacrés du CambodgeChapitre 17 sur 275 · Naissance du Bôdiiisattva · texte numérisé non relu

Naissance du Bôdiiisattva

L;i sainte dame fut enceinte pendant dix lunaisons, puis elle accoucha du Bôdiiisattva dans le Lumbin-véan' un jour de A'énus (vendredi) et de pleine lune, au mois de Pisakld. de l’année du Chien {Chàr)\

1. Luinliini cctnri, jai-cliii Luinbiui; le Lnlita-Vlatard enseigne cjue le Bôdiiisattva naquit alors que sa mère avait la main posée sur la branche d’un pla/,c/t(i, « le plus précieux entre les plus précieux » (p. 74). — La le(;on siamoise donne au parc le nom de simvali-vana (aimlxiH-cann), parc des ouatiers (Boinhax heptaphi/lluni). — La leçon birmane donne à cet arbre le nom de cnfuiin que M. Bigandet assimile au s/torra robusta (p. 41). — Les Cambodgiens entretiennent dans beaucoup de leurs monastères un arbre qu’ils nomment hkliiKj qu’il disent être de la même essence que celui sur lequel .s’appuya Mâlia-Maya; les feuilles sont lai'ges comme la main, irrégulières de forme; ses fleurs sont blanches, petites, groupées avec un pollen et des pétales jaunes; leur odeur agréable s’appelle le parfum du chanipa mêlé à celui du frangipanier.

2. Visalm, la deuxième lunaison de l’année astronomique qui correspond à avril-mai.

3. La leçon siamoise parle d’un rêve que la reine Mâha-Maya eut à l’époque de la conception et que notre texte ne donne pas, bien qu’il soit très connu au Cambodge, et souvent reproduit par l’image dans les temples. Elle vit un éléphant blanc descendre d’une montagne, escorté d’autres éléphants, faire trois fois le tour de sa personne, s’aijprocher d’elle et pénétrer en son ventre par le côté droit (Alabaster, p. 98). Elle ajoute et cela est conforme à ce que le Tran-Plnun enseigne: le Bôdhisattva, de par ses mérites, ne se trouvait jîoint comprimé dans le ventre de sa mère, il y était assis sur un trône, loin de toutes les impuretés habituelles, il s’y livrait à la méditation et sa mère ne souffrit point de sa grossesse, elle conserva sa forme gracieuse et sa beauté parfaite.

L’accouchement de Mâha-Maya fut aussi agréable que sa grossesse. Elle accoucha sans douleur, sur la route de Kapila à Tévalongka, où elle se rendait pour y visiter ses parents, alors qu’elle levait la main pour cueillir une fleur. Les branches d’arbres s’inclinèrent pour abriter l’enfant des ardeurs du soleil, et les trente-deux prodiges qui avaient signalé la conception se reproduisirent. La leçon que M. Alabaster nous a donnée énumère longuement ces prodiges (loc. cit., pp. 98-106).

Quand il naquit, Sudassabrahma’ prit un lilct d’or pour recevoir le Bôdhisattva.

Le Bcklhisattva lit sept pas, regarda les quatre points cardinaux en criant : « Je suis au sommet du monde ; je suis excellent, je suis grand, personne ne peut m’être comparé; je suis à ma dernière renaissance, je ne renaîtrai en aucun monde. » Ayant ainsi parlé, il fut comme les autres enfants (|ui ne savent pas parler’.

Le saint éminent roi, son père, donna l’ordre de trouver un brahmane'' sachant deviner et prédire la fortune de .son saint et royal fils. Le brahmane, ayant calculé d’après le Tray-Phét' , les Véta-mont^ et le Kampî-sayo-phêf , vint dire au roi : « Votre saint et royal fils porte les signes complets du bonheur : s’il reste laïque il sera sdach barom chakrapatrâthiréaclÉ ; s’il sort du monde pour se faire religieux, il deviendra Préas Put, c’est certain (c’est-à-dire Buddha). »

Le jour où le saint et éminent Bôdhisattva naquit, néang Yosôthara, Anonta, Kalutéayî-amâtya, Chhan-amàtya, le cheval Kanthok, l’arbre Pothi et les (juatre fosses de trésors

1. Le roi des Braliinas du quatorzième des rupabrahmalokas, ou paradis des Brahmas ayant une forme. Le nom que donne notre manuscrit est Sottavas maliaprohmalouk et Sotavas prohmalouk.

2. Le Lalila-Vistura (p. 107) le fait encore parler à sa tante, le septième jour après sa naissance.

à. La leçon siamoise dit qu’il se présenta de lui-même, qu’il était un .saint homme et lui donna le nom de Kaladcvila (p. 107).

4. Titre d’un ouvrage très connu au Cambodge dont je donnerai quelque jour la traduction.

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