‹ Les livres sacrés du CambodgeChapitre 174 sur 275 · Du pâli jhiiiKi · texte numérisé non relu

Du pâli jhiiiKi

5. Les cinq facultés mentales nées de la méditation et des huit états de la contemplation que procure la méditation ascétique.

— Un grand bruit, semblable à celui que font en se déplaçant les élé{)hants, les chevaux et les chars, bruit confus, a retenti dans la forêt ; on eût dit qu’une grande fête était célébrée dans ce royaume. Eh liien, Bodhisattva, je vous demande pourciuoi tous ces gens du peujile, (pii parlent entre eux si haut, s’avancent ainsi derrière vous?

Le Bodhisattva, l’avant écouté, lui répondit en langue pâlie :

— O Néarut-tabas, j'ai abandonné tous les biens royaux pour m’adonner à l’étude des préceptes sacrés et j’ai fui pour me faire religieux. Or, tous ces gens du peuple se sont mis à ma poursuite et me suivent sans me perdre de vue; vous ne savez pas pourquoi? c’est parce (jue Moha-Çhinok a (piitté le pouvoir du royaume de Mithila pour se faire religieux.

Alors Néarut-tabas, voulant affermir le Bodhisattva dans sa résolution, lui répond :

— Seigneur, maintenant (pie vous portez les vêtements jaunes des religieux, vous devez rejeter de votre corps tous les désirs, et ce n’est pas là une chose facile à faire ; cela demande beaucoup d’efforts.

Le Bodhisattva répondit :

— Tous mes penchants naturels pour les choses du monde, je ne les ai plus; je ne désire plus (pi’atteindre les biens du paradis. En cet état, quels di^sirs, (pielles passions peuvent venir assaillir mon corps?

Néarut ayant écouté les paroles du Bodhisattva, lui dit :

— Seigneur, les désirs sont nombreux : le penchant au sommeil, le penchant à la paresse, le plaisir ((u’on a à s’étirer les membres, celui qu’on satisfait en mangeant trop, etc., etc. Vous êtes très beau de corps, votre teint a la couleur de l’or et cependant vous (piittez les biens royaux pour vous faire religieux et pour aller mendier l’aumône

PRÉAS MOHA-CHÎNOK

tous les jours. Vous ne mangerez plus à satiété; quand vous cntrei’cz dans un sala, vous resterez debout; vous dormirez peu, jamais très profondément : (piand vous vous réveillerez, vous ne pourrez plus vous étirer les bras ou les jambes ; il vous faudra prendre votre rol)e vous-mémo sur la corde où elle sera étendue, vaincre votre paresse, saisir le l)alai pour nettoyer l’ermitage et prendre la petite jarre pour puiser de l’eau. Il vous faudra vaincre tous vos penchants, repousser toutes les pensées inutiles (|ui passent par la tète. Voilà ce ([ue c’est (jue d’être rcligieu.v. I,a préoccupation de jouir l^eaucoup, voilà ce (pii cause les renaissances successives. O Bodliisattva, tous ces penchants font partie de notre corps.

Le Bodliisattva répondit :

— Seigneur, vous venez me prêcher, c’est liien, car vous accomplissez une bonne action, mais avant d’aller plus loin, dites-moi votre nom.

Néarut lui répondit :

- — Seigneur, ceu.v qui savent qui je suis me donnent le nom de Néarut-tabas. Je viens de vous rencontrer et je trouve que vous êtes très généreux et très intelligent. Seigneur, les hommes ([ui veulent entrer en religion doivent être bons; si leur cœur n’est pas bon, (pie leur sert d’entrer en religion? Il faut constamment observer les règles delà vertu, vaincre ses inclinations et méditer. Il faut que vous ayez le c(cur plein de longanimité, et le ferme désir d’éteindre les kam-kélès', afin qu’il n’en reste pas un seul en vous. Il ne faut pas avoir le cœur acariâtre; oubliez ({uc vous êtes un roi et rappelez-vous toujours que vous êtes en religion ; ne dites jamais que vous êtes grand ; conformezvous toujours à la règle l)ien exactement ; plaisez-vous dans votre nouvel état et ne désirez pas vous défroquer.

1. Les désirs mauvais, passion amoureuse, au sens cambodgien-

Ayant ainsi parle, Préas Néarut-tabas laissa le Putliisath et s’éleva au milieu des airs pour regagner sa demeure.

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