Mjkadaciiina-tabas
En ee même temps (pie Néarut-tabas s'élevait dans les airs, il y avait un homme nommé Mikadaehina-tabas (pii, comme Néarut-tabas, venait d’obtenir les sainabat.
Il aperçut le Bodhisattva, rétléeliit dans son cœur et prit la résolution d’aller ratïermir, et d’ordonner aux gens du peuple de retourner à la ville royale. Ayant décidé de faire ainsi, il s’éleva dans les airs et parut à la même place cpie Néarut-tabas. 11 se montra bien clairement hui Bodhisattva] et lui dit :
— Eh bien, Moha-Çhinok ! vous avez donc abandonné vos éléphants, vos chevaux, les habitants [de votre royaume] pour entrer en religion, [lour vous faire religieux, porter la sébile. Etes-vous donc coupalile envers votre armée, vos mandarins, vos amat et votre famille?
Le Bodhisattva répondit (pic son intention était d’être ' religieux comme lui.
Et il ajouta :
— O Mikadachina, pour obéir à leurs passions, les hommes SC font la guerre, se coupent, se percent, se tuent entre eux. Alors moi ([ui ai vu ces misères se produire dans la liouc, j’ai décidé d’entrer en religion et de ne manger (]ue ce qui me sera donné comme aunu'me.
Mais Mikadachina, voulant savoir son passé, lui demanda ;
— Seigneur, quel est votre directeur? est-ce un ascète ou bien un pachékaqiuthi' ?
1. Du pâli pacccha hiiddha, un saint ascète. Prathiéha buddhn est (tonné ici pour ascète, avec cette pensée (jiie l'ascète est un Buddha non enseignant.
PRÉAS MOHA-CHÎNOK
Le Bodliisattva répondit :
— Seigneur Mikadachina, j’ai étudié la religion avec un préalim-achar’, je ne l'ai jamais étudiée avec un pacliékaputhi. Hélas! je n’ai jamais demandé ([uelles doivent être les occupations d’un religieux.
Il ajouta :
— O Mikadachina, comme j’étais roi, j’allais un jour me promener au jardin avec mon lils, mes femmes, les ministres, les mandarins, les soldats et les amat, qui tous étaient en grand nombre. Autour de nous, il y avait des musiciens qui jouaient de leurs instruments. O Mikadachina, en ce moment je vis à la porte du jardin deux manguiers ; l’un d’eux était chargé de fruits, mais l’autre en était absolument dépourvu. Je goûtai aux fruits de celui qui en était chargé, puis je dépassai avec mon éléj)hant ces deux manguiers et j’entrai dans le jardin afin de m’y proinener. Or, derrière moi, les gens du peuple, voulant manger les mangues du manguier qui en était charge, se disputaient, se lançaient sur les branches et faisaient si bien qu’ils les cassaient toutes et que leurs débris jonchèrent la terre. Quant à l’autre manguier, qui n’avait pas de fruits, il demeura avec toutes ses branches et couvert de toutes ses feuilles vertes. Eh bien ! Mikadachina, quand je repassai la porte, je vis les deux manguiers dans cet état, et je pensai aux biens royaux, je pensai aux ennemis de ces biens (jui s’élancent sur eux comme les gens du peuple s’étaient élancés sur les mangues. On dit de toute antiquité qu’il faut tuer le tigre pour en avoir la peau, qu’il faut tuer l’éléphant pour en avoir l’ivoire; or, les pirates tuent les propriétaires pour leur prendre leurs biens. Eh bien ! Mikadachina, ceux d’entre les hommes qui n’ont pas de maisons, pas de biens, sont comme le manguier