Pâli bhikkhon, mendiants
PRÉAS MOHA-CIIInOK
tévi, il arriva à la porte de la maison d’un faiseur d’arcs et de flèches.
A cet instant, cet homme ayant pris de la cire et l’ayant fait fondre sur le feu en forma une boule, la mit sur la corde de l’arc, et ferma un œil pour viser afin de la bien diriger.
LeBodhisattva, voyant faire ainsi, réfléchit cpie cet artisan était intelligent et (ju’il lui dirait assurément pourquoi il agissait ainsi. Ayant ainsi rélléchi, il lui demanda.
— Eh bien ! faiseur d'arcs, écoutez- moi, je vais vous parler un peu. Pourquoi, (piand vous visez, ne vous servezvous pas de vos deux yeux pour bien diriger la balle?
L'artisan répondit :
— Eh, mon seigneur 1 quand je vise avec les deux yeux, je ne vois pas la ligne (]ue doit suivre la balle ; bien au contraire, quand je vise avec un seul o'il, je la vois bien clairement et bien droite. Ceux qui comme vous, mon seigneur, vont deux, ont des causes de discussion, tandis que celui qui va seul n’a personne pour quereller. Si donc vous cherchez à atteindre les biens du suorkéa' ou ceux du Nippéan, soyez seul et c’est bien. Quand on est en religion comme vous, on n’emmène pas sa femme; ce n’est pas là une chose convenable. Pourquoi vous faites-vous suivre de votre femme? qui sait si demain elle ne sera pas pour vous un objet de trouble. Donnez donc l’ordre à néang Simbalitévi de retourner de suite au royaume et vous, continuez d’avancer dans la voie de la perfection; veillez sur vos sens, soyez seul et cela sera bien pour vous.
Le Bodhisattva, entendant cet homme parler en ces termes, garda le silence et, continuant d’avancer dans cette ville, il .se mita demander l’aumône. Étant sorti de la ville
1, Svarrfd, ie paradis.
après l’avoir traversée, il alla s’asseoir dans un endroit où il y avait de l’eau ; il retira sa sébile de l’enveloppe et il se mit à manger.
Quand il eut achevé son repas, il remit la sébile dans son sac et, s’adressant à néang Simbali-tévi, lui dit :
— Eh bien, néang Simbali-tévi, vous avez entendu le faiseur d’arcs, vous avez entendu le blâme qu’il m’a adressé parce que je voyage avec vous. O ma chère! quand j’étais roi, le faiseur d’arcs ni aucun des habitants du royaume n’aurait osé même vous regarder le visage ; maintenant cjue je suis entré en religion, vous voyez comme on me parle, comme on me reproche de n’étre pas seul, d’aller comme je vais, toujours accompagné ma femme. O néang Simbalitévi, maintenant il faut nous séparer. Voici deux routes que les habitants fréquentent tous les jours, passez par l’une d’elles, je passerai par l’autre. Dorénavant, on ne vous dira plus que je suis votre mari et on ne me dira plus que vous êtes ma femme.
Néang Simbali-tévi, à ces paroles, réfléchit dans son cœur, elle décida de suivre le Bodhisattva malgré son ordre et elle se mit à marcher rapidement derrière lui, bien qu’il se fut éloigné.
Le Bodhisattva la voyant marcher derrière lui, n’osa pas lui dire de retourner à la ville royale avec les gens du peuple qui l’accompagnaient, mais il continua de marcher.