‹ Les livres sacrés du CambodgeChapitre 180 sur 275 · L’herbe yéapiiâng. — Disparition DU Bodhisattva · texte numérisé non relu

L’herbe yéapiiâng. — Disparition DU Bodhisattva

Un instant après, le Bodhisattva vit des arbres, des lianes qui étaient couvertes de feuilles vertes et, sur les côtés de la route, il reconnut l’herbe yéaphâng. Il appela néang Simbali-tévi et lui dit:

PRÉAS MOIIA-CHÎNOK

— Eh bien, néang Siinbali-tévi, regardez les cimes de ces herljes yéaphàng, elles ne se rapprochent pas. C est (jiie nous ne devons plus vivre comme mari et femme. Nous sommes comme ces herbes yéaphàng.

Puis il dit en langue pâlie :

— Eh bien! néang Simbali-tévi, maintenant que ces herbes yéaphàng sont, par leurs tiges, éloignées Tune de l’autre, pourquoi ne partez-vous pas, pourquoi me suivezvous et ne me laissez-vous pas seul ?

Néang Simbali-tévi répondit :

— Ilélas! aujourd’hui, le Bodhisattva ne veut plus demeurer avec moi.

Et elle se mit à pleurer, à se frap])er la poitrine avec les mains, puis tout à coup, perdant la parole, elle tomba évanouie sur la route. La voyant évanouie, le Bodhisattva ayant pris soin d’eftacer la trace de ses pieds, disparut dans la forêt.

Pendant ce temps, les gens du peuple prenaient de l’eau et en aspergeaient le visage de néang Simbali-tévi ; ils lui prenaient les bras et les jambes pour la faire revenir a elle. Tout à coup elle se leva et, s’adressant aux amat, elle leur demanda :

— Eh bien, amat, qu’est devenu le roi ?

— Nous n’en savons rien, dirent les amat.

— Hélas! dit Simbali-tévi, mettez-vous à sa recherche.

Alors, tous, les amat s’élancèrent dans la forêt et se

mirent à chercher le roi, mais ils ne purent le rencontrer et ils revinrent près de néang Simbali-tévi.

— Nous n’avons pas pu le retrouver, dirent-ils.

Néang Simbali-tévi, les ayant entendus, se mita pleurer encore, puis elle ordonna à tous ses'gens d’élever une pyramide à l’endroit où le roi s’était tenu debout en dernier lieu. Quand cette pyramide fut élevée, elle alluma tout autour

d'elle des baguettes odoriférantes et des bougies, elle y déposa quelques fleurs et reprit la route qui conduisait à la ville royale.

Quant au Bodhisattva, il continuait d’avancer dans la forêt de riTimalava. Sept jours plus tard, il yaccjuit Yapliinhéan samabat et jamais plus on ne le revit })arcourir le chemin des hommes.

Néang Simbali-tévi fit encore élever cinq pyramides : une à l’endroit où le Bodhisattva avait parlé au faiseur d’arcs, une à l’endroit où il s’était entretenu avec la petite fille, une autre à l’endroit où il avait mangé la viande abandonnée par le chien, une à l’endroit où iSIikadachinatabas était venu le prêcher, la dernière à l’endroit où Néarut-tabas était venu lui parler. Puis, elle vint à ces diverses pyramides brûler des baguettes odoriférantes, des bougies, déposer des fleurs. Son pieux voyage accompli, elle fit élever son fils au trône de Alithila par la cérémonie âphisêk, puis elle ordonna à tous les amat de le conduire dans la ville royale.

Quant à elle, elle entra en religion, se lit Moha-risey et se retira dans la forêt des Manguiers, afin d’y acquérir des mérites au cours de sa vie, et d’entrer après sa mort au Préahméa-louk’.

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