Le roi Nima
Le prince Niméa-réaçli était d’humeur gaie, pratiquait les préceptes et faisait de nombreuses aumônes* ; il se montrait bon avec les mendiants, les pauvres, les miséreux, les abandonnés*. Il observait les jours sacrés’, conformément à la règle établie par le Saint.
Quand son maître suprême, saint et précieux père, connut que ses cheveux blanchissaient, il perdit son calme et, dans son cœur, il se mit à désirer de se faire religieux dans la forêt, comme avaient fait tous ses ancêtres. Puis, un jour, le grand kshatriya suzerain remit le pouvoir à son fils, le Bodhisattva, nomma son coiffeur’ gouverneur d’une province, puis, quittant son palais, .sa ville royale, il alla au bord de la forêt, dans le jardin du parc des Manguiers, et il se fit ascète en cet endroit solitaire. A sa mort, il monta directement renaître dans un des paradis des Brahmas.
Quant au prince Niméa, dont le cœur était parfaitement pur, bon et juste, il donna l’ordre de construire six salas®,
1. Cette étymologie est certainement fausse. Aucun nom de jour n’a pu la fournir. Une autre leçon donne à ce prince le nom de lyinütta, qui, en pâli et en sanscrit, a le sens de « signe, marque », mais le nom pâli et sanscrit est Ximi, dont le sens m’échappe. Peut-être faut-il comprendre que le prince reçut ce nom de ce qu’il portait des signes favorables, mais c’est là une hypothèse. — C/kiu mot cambodgien, siamois et laotien a le sens de roi.