‹ Les livres sacrés du CambodgeChapitre 233 sur 275 · En’'p;ili Bdrànasi-narjara, au royaume de Bénarês · texte numérisé non relu

En’'p;ili Bdrànasi-narjara, au royaume de Bénarês

4. Le te.xte pâli ci-dessus, que j’ai su|)primé, lui donne le nom de Chantacitici. L’i final indique un nom féminin et tici, Icpi, qui est l’altération du mot dcci, déesse, est un titre qui se donnait autrefois aux reines et aux princesses. Le nom me paraît signifier « fille de Cliânda (la lune) ».

5. Ce cliilfre de 16.000 épouses se retrouve dans une histoire que

donne le 1 celle de Préas bat srey Tliammâsoka, 1 Asoka

des constructions légendaires de l lnde, le Constantin tlu Buddliisme. En outi'o de sa l'cine, il avait 16.10 ) épouses. C’est un nombre d épouses assez fré(iuent dans les récits de ce genre.

d’enfants, ni garçon ni fille, les habitants se rassemblèrent sur la place du palais en se disant les uns aux autres:

— Notre roi est heureusement en paix et en bonne santé, et les habitants [du royaume] sont heureux, mais il n’a pas d’enfants, ni garçon ni fille. S’il en est toujours ainsi, quand il mourra, il n’y aura personne pour lui succéder. Il faut que nous allions parler au roi, afin qu’il connaisse [notre inquiétude] ; nous l’inviterons à demander des enfants par la prière.

Les habitants, ayant ainsi décidé, furent voir le roi et lui dirent :

— O roi, vous avez toujours régné tranquille et dans la paix, et tous les habitants [du royaume] sont heureux. Mais vous n’avez pas d’enfants, ni garçon ni fille : s’il en est toujours ainsi tant que vous vivrez ici, cela ira bien, mais plus tard, quand vous mourrez, il n’y aurapersonne pour vous succéder. C’est pour cela qu’il ne faut pas que vous demeuriez dans la quiétude : il faut que, par la prière, vous demandiez un enfant, un seul, qui pût vous succéder.

Le Môha Kshatrîya ayant entendu ces paroles répondit:

— Oui, certainement, je vais demander un enfant.

Alors il s’empressa de dire aux 16.000 femmes :

Amus toutes, qui êtes femmes, il faut que vous priiez et que vous demandiez un enfant [aux dieux]. Celle d’entre vous dont le vœu sera exaucé deviendra plus grande que toutes les autres et, au fils de celle-là, je remetfrai le parasol blanc et le pouvoir, afin qu’il règne à ma place.

Quand le roi eut achevé de parler, toutes les femmes se retirèrent chacune chez elle ; elles préparèrent toutes choses et les apportèrent devant les statues des tévodas, en di.sant :

— Nous offrons toutes ces choses aux tévobots et aux tévodas’ qui ont des mérites, afin qu’ils nous donnent des enfants.

f. En ;>â]iy! di’ ni /pu fa, fils des dieux; dèra-fa, dieux.

PRÉAS DIMÊ CHÉADAK

Cependant toutes ces femmes n’obtinrent rien ; la seule akamahésey ' , la première femme du roi, nommé néang Chântéa-tévi, devint enceinte. Elle était fille de Préas bat Mathuréaeh et en possession de grands mérites b Le roi, son époux, lui avait dit :

— Si tu demandes un enfant et si tu l’obtiens, je lui donnerai le trône et le pouvoir.

Néang Chântéa-tévi ayant entendu les paroles que le roi lui avait dites, l’avait salué et s’était retirée chez elle. Dans une salle, elle avait préparé des tapis en laine et en soie, puis elle avait donné l’ordre de prendre des rideaux, d’en orner la salle et d’y attacher des guirlandes de fleurs de toutes les espèces. Le lendemain, qui était un jour saint, s’étant vêtue de blanc, ayant mis l’écharpe blanche, elle entra dans cette salle et s’y coucha. Vers minuit, elle se mit à prier les tévodas et à leur demander un fils en disant :

— Je vous prie, ô tévodas, qui avez acquis tant de mérites, moi qui ai quelques mérites aussi, moi qui prie tous les jours saints, je vous prie de m’acccorder un enfant et que l’un de vous, tévobot ou tévoda *, vienne renaître en moi, sans manquer.

Quand néang Chântéa-tévi pria, sa prière monta de suite jusqu’au Préas Eyntréâthiréaçh b Celui-ci en fut agité et troublé. Il pensa en lui-même : « Qu’y-a-t-il donc? », puis il regarda avec ses mille yeux divins b II vit que néang Chântéa-tévi faisait le souhait d’avoir un enfant; alors il pensa dans son cœur: « Il faut que j’accède à sa prière. »

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