Dignitaires, du s. ainâtj/a
2. Le te.\te emploie le mot kéar qui désigne, dans la langue noble, la grossesse d’une reine, d'une princesse, du n.âijura, cavité de Tutérus,
prince. Voici maintenant que vous avez un fils, nous l’apprenons avec un grand plaisir.
Le roi fit alors appeler un haut dignitaire et lui donna l’ordre d’aller dans toutes les maisons des amats voir combien d’enfants étaient nés en même temps que son fils.
— Ces enfants, dit-il, je les prendrai tous pour qu’ils soient les compagnons de mon fils. Allez- voir, comptez-les enfants qui sont nés le même jour que mon fils.
Ce dignitaire, ayant compris que le roi voulait connaître le nombre des enfants nés en même temps que son fils, se retira après avoir fait le salut au roi. Dans chaque maison d’amat il trouva un enfant qui venait de naître, car les 500 femmes des amats venaient d’accoucher. Alors cet amat pensa à part lui : « Beaucoup d’enfants sont nés aujourd’hui, en même temps, il faut que je les compte! «Il les compta et trouva qu’ils étaient 500. Il fut très surpris et dit : « Ils sont 500 très exactement ». Un autre dignitaire lui demanda:
— Combien en avez-vous compté ?
Il répondit :
— J’en ai trouvé 500 qui sont nés aujourd’hui. Allons l’annoncer au roi afin qu’il sache cette chose-là.
Etant arrivés près du roi, ils lui dirent :
— O roi, il y a 500 garçons.
Le roi fut très heureux et dit :
— C’est bien ! ces 500 enfants seront attachés à la personne de mon fils.
Puis il donna l’ordre de trouver 500 nourrices pour les 500 enfants et 60 nourrices pour son fils. Il recommanda de choisir ces 60 nourrices avec soin, de manière qu’elles ne soient ni trop grandes ni trop petites ni trop grasses, ni trop maigres.
Ici une question fut posée :
PJ{ÉAS DIMÊ CHÉADAK
[ — Pourquoi ue faut-il pas prendre une nourrice trop grande ?]
— Si la nourrice d’un prince est trop grande, ce prince ac(iuicrt un cou trop long, ce qui est laid. Il ne faut donc pas prendre une nourrice trop grande.
— Pourquoi ne faut-il pas prendre une nourrice trop petite ?
— Parce que si la nourrice d’un prince est petite, ce prince, après avoir tété, aura le cou court. Donc il ne faut pas prendre une nourrice trop petite.
— Pourquoi ne faut-il pas prendre une nourrice trop maigre ?
— Si la nourrice d’un prince est maigre, comme elle doit porter l’enfant, le prince aura mal aux jambes et aux bras. C’est pour cela qu’il ne faut pas prendre une nourrice trop maigre.
— Pourquoi ne faut-il pas prendre une nourrice trop grasse ?
— Quand la nourrice est trop grasse, en portant l’enfant à son sein ou sur sa hanche pour aller le promener [elle le serre trop] alors le prince aura plus tard les jambes et les bras kéiii' ; alors il sera laid. C’est pour cette raison qu’il ne faut pas prendre une femme trop grasse pour en faire la nourrice d’un prince.
— Pourquoi ne doit-on pas prendre une nourrice trop blanche ?
— Parce <|u’une femme trop blanche donne un lait troj) chaud. C’est pour cela qu’on ne doit pas prendre une nourrice trop blanche.
— Et (juand la femme est très noire?
— Quand la femme est très noire, son lait est trop froid,
1. Ecartés. Démarche disgracieuse que des hanches maternelles trop fortes donnent quelquefois aux enfants, au dire des Cambodgiens.
alors il ne faut pas donner à un prince une nourrice trop noire.
— Mt (piand la femme a les mamelles pendantes, pour- (|uoi ne peut-on la donner comme nourrice à un prince?
— Parce (jue la femme qui a les mamelles pendantes, en l)ortant le j)rince lui appuie le visage sur ses mamelles sèches, ce (pii lui déforme la figure et le rend laid. C’est poLircpioi il ne faut pas prendre pour nourrice d’un prince une femme dont les mamelles sont pendantes.
— Peut-on prendre pour nourrice d’un prince une femme qui tousse et cpii est asthmatique?
— Non, non, parce que la femme (pii tousse donne un lait acide; parce (pie la femme asthmatiipie donne un lait piquant. C’est pour cela (]u'il ne faut pas jirendre ces femmes pour en faire les nourrices d’un prince.
— Alors, s’il ne faut prendre aucune de ces femmes-là, quelles sont les femmes qu’il faut choisir pour nourrices ?
• — ■ Pour trouver une bonne nourrice, il faut la chercher parmi celles ipii ne sont ni trop grandes ni trop petites, ni trop maigres ni trop grasses, ni trop blanches ni trop noires. Il faut (pie cette femme soit de taille moyenne, que sa démarche soit bidle et que ses traits soient jolis. Alors elle donnera du bon lait. C(‘ sont de pareilles nourrices que le roi donna l’ordre de trouver au nombre de 60 pour être les nourrices du prince, son lils'.
t. Ce passage; a son éciuivalent, quoique moins développé, dans l’ouvrage de ]\I. .Spence Hardy, A inaniial of Biidhisin, ouvrage inspiré des textes singlialais.
« In ordei- to procure a proper nurse' l'or liis son, Sueldliodana assembled the princesses ol tlie twe) c-ities of Kapilavas'u and Ke)li. Slie was not bc teio tall, eer tlie necli or tlie infant wlionld be sti'otcbed nor toosliort, or bis boeley v lienilel be bent norteee) large;, eer bis legs would becontracted ; nor toweak, e)r lus boelv voubl not acejuire firmness; nor too full a babit, e>r lier inilk would be; bot aiiel cause bis skiin to becüine red ; no of too dark a coin|)lexion, or ber niilk would be cold.
PRÉAS DIMÉ CHÉADAK