‹ Les livres sacrés du CambodgeChapitre 244 sur 275 · Deci-tidda · texte numérisé non relu

Deci-tidda

ogo

— Néang Tep-thida, ce que vous avez dit, je le ferai très exactement, conformément à vos conseils.

La srey tévoda néang Tep-thida, ayant ainsi conseillé le prince, disparut subitement

G. — Les Lpreuves

Un jour, le roi se dit (jue son fils était assez grand i)our (pi’on songeât à lui donner des petits compagnons de jeu.

11 envoya chercher les üOO petits garçons [nés le même jour (jue lui] et les fit conduire au prince.

Les petits enfants, quand ils ont soif, veulent téter, [quand ils ont faim], ils veulent manger, pleurent et poussent des cris. Or, le prince ne pleurait jamais, car il songeait constamment aux peines de l’enfer et ne cessait de penser à part lui qu'il vaut mieux mourir de faim [que crier]. Alors, il ne pleurait pas ({uand il avait besoin de téter.

Les nourrices, s’étant aperçu de cela, furent prévenir néang Chântéa-tévi, et la reine fut l’annoncer au roi, afin (ju’il fit appeler les devins.

Les devins étant venus, le roi leur dit :

— Quand les petits enfants ont soif et faim, [(juand ils veulent] téter, ils pleurent beaucoup. Or, mon fils n'est pas comme les autres enfants (piand il a soif ou faim, il ne | pleure pas. Quelle en est la cause?

Les devins répondirent :

— Votre fils ne pleure pas parce (ju’il n’a jias faim. Privez-le de nourriture et vous verrez (ju’il pleurera.

Le [irince fut alors privé de nourriture juscpi’au (htujay jH-iili pôidn' , (juehjuefois juseju’à midi, (juel(|uefoi.s juseju’au

1. Textiielleiiient soleil plein inoinrnt (moment du jjlein soleil), locu- | lion eambodgienne qui indique une pleine demi-course visible du < soleil, c’est-à-dire midi.

PUKAS niMK riIRADAK

soir meme, sans ([u’on parvint à le faire pleurer. C’est que le prince pensait toujours nus. enfers, qu’il les craignait et (|u’il s’était dit : « Qu'on me prive [de nourriture] juscpi’à causer ma mort, je ne pleurerai pas pour téter. »

Néang Chântéa-tévi, trouvant que son fils était étrange, fut prendre des vivres et les lui porta elle-même. Tandis que les autres enfants, (juand ils ont faim, pleurent beaucoup pour réclamer leur nourriture, le prince ne pleurait pas [pour réclamer la sienne], il demeurait tranquille .sans remuer bras et jambes.

Kpi’cuücs (les seins de nourrices. — De leur côté, les nourrices se disaient entre elles :

— Nous voyons bien que ce prince n’est pas cul-de-jatte ; ses bras et ses jambes ne sont point morts ; mais nous ne savons pas s’il est muet, nous ne savons pas s’il est sourd. Découvrons nos seins afin cpi’il les voie [nous saurons bien s’il est muet'].

Alors elles découvrirent leurs seins, et s’étant approchées du prince [affamé, elles] les lui montrèrent pendant toute une journée. Mais le prince, qui songeait au.v peines de l’enfer, ne pleura point en voyant les seins de ses nourrices. Elles les lui montrèrent pendant un mois, puis deux mois, puis toute une année, sans voir le prince remuer soit une de ses jambes, soit un de ses bras.

Un an. — Epreuve des rjiUeauæ. — Cependant il arriva flu’un dignitaire' alla trouver le roi et lui dit :

— O roi 1 voici (juc le prince est âgé d’un an. D’ordinaire, les enfants de cet âge aiment les gâteaux, il faut donner l’ordre de lui donner des gâteaux, nous verrons ce ({u’il fera.

Le roi suivit ce conseil; il donna l’ordre de faire asseoir

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