Agent royal, serviteur royal, mandarin royal
autour (lu prince k's 500 enfants [luis le même jour que lui], et de placer un grand nomlire de différents gâteaux à coté de lui. Un amat dit aux enfants :
— Mes chers enfants, vous pouvez prendre des gâteaux et les manger ; prene/.-en tant que vous voudrez.
Alors les enfants, tivs joyeux, jirirent des gâteaux et .se mirent à les manger. Mais le prince (pii craignait les enfers ne C(\ssait de penser aux peines [qu'on y souffre] et ne regardait même jias les gâteaux placés près de lui.
Cette tentation imposée au prince avec toutes sortes de gâteaux n’eut pas lieu un mois ou deux seulement, mais une année tout entière sans que le prince fit un mou-
\ (‘llK'llt.
Di'u.i: ans. — h’pi-ciiL'O des fruits. — Voyant cela, le dignitaire revint trouver le roi et lui dit :
— O roi, 1(' [irince, votre lils, a maintenant deux ans.
A cet âge, les enfants aiment br'aucoup les petits et les gros fruits. [11 faut lui en faire donner].
Alors le roi lit tenter le prince avec des fruits qui furent placés près de lui, et l’amat dit aux enfants (pii étaient là :
— Prenez toutes sortes de fruits et mangez-en tant que vous voudrez.
Les enfants, bien heureux d’être autorisés à manger des fruits, ('Il prirent à Unir fantaisie et se mirent à les manger, mais le prince qui songeait aux enfers, ne regardait même pas les fruits.
Cette tentation im})os(:'e au prince avec des fruits ne dura ; pas seulement un ou deux mois, elle dura une année tout i entière. Cependant le prince ne fit pas un seul mouvement. jl
Trois ans. — Épreiœe des jouets. — Les devins furent | alors trouver le roi et lui dirent : i
Sire, le prince, votre fils, a maintenant trois ans; généra- '
PRÉAS DIMÈ ÇHÉADAK
lement les enfants de cet âge aiment à s’amuser avec des jouets ; [il faut lui en donner].
Alors le roi donna l'ordre de confectionner des petits objets ; éléphants, chevaux, charrettes, beeufs et buffles ; puis [ces objets étant faits, il commanda] de les apporter près du prince. L’un des dignitaires s’adressant aux enfants leur dit :
— Prenez toutes ces figures et amu.sez-vous, mes chers enfants.
Les enfants, ayant entendu cette autorisation, prirent les jouets qui leur plaisaient le mieux et se mirent à s’amuser avec eux. Mais le prince ne regarda même pas ces figures.
Cette tentation imposée avec des figures, ne dura pas seulement un ou deux jours, mais on la répéta tous les jours pendant un an, sans parvenir à faire remuer le prince et sans même attirer un seul de ses rc'gards.
Quatre ans. — Épreuve des friandises. — Un amat fut alors trouver le roi et lui dit ;
— Voici que le prince, votre fils, a maintenant quatre ans. Les enfants de cet âge, en général, aiment l)ien les friandises, il faut essayer avec des friandises.
Alors le roi fit apporter toutes sortes de friandises près du prince et le dignitaire dit aux enfants :
— Mes chers enfants, vous pouvez manger de ces fiiandises autant (jue vous voudrez.
Les enfants, ayant entendu les paroles de l'amat, prirent des friandises et se mirent à les manger, mais le prince, toujours triste et craignant les enfers, ne regardait même pas les friandises.
La grande reine, sa mère, apprenant f|uo son fils était depuis longtemps privé de nourriture, fut prise de piti(‘ pour lui et remplie d’une si grande inquiétude qu’elle sentit
sa poili'ioe serrée à se briser. Alors elle prit des friandise.^ et les porta au prinee.
Cette tentation imposée au prince avec des friandises ne dura pas seulement un ou deux mois ; on continua de le tenter durant toute une année, sans (pie le prince fit un mouvement.
Cinq ans. — Épreuve (la feu. — Un dignitaire fut alors dire au roi ;
Voici que votre fils a maintenant cinq ans ; généralement à cet âge les enfants ont peur du feu. Il faut essayer de faire peur au prince avec du feu. Nous verrons [ce (pi’il fera].
Le roi donna l’ordre de bâtir une .salle au milieu de la cour, en face de son palais. Les parois de cette salle étaient faites en feuilles de palmier et plusieurs portes avaient été ménagées et laissées ouvertes. Le prince et les 500 enfants y furent placés et quand ceux-ci furent bien occupés il jouer, les réaidi-amats mirent le feu en plusieurs endroits de la salle. Voyant le feu, les 500 enfants se mirent â crier, à pleurer, puis, bondissant, ils sautèrent à terre’ pour s’enfuir. Le prince vit comme eux que la .salle brûlait, mais ne fit rien pour s’enfuir ; il demeura sans bouger, songeant tristement aux enfers et se disant :
« Il vaut mieux être brûlé par ce feu que par celui de l’enfer ([ui est plus terrible. » Ayant ainsi pensé, il demeura immobile [dans la salle incendiée] sans remuer bras ou jambes. Les habitants voyant que le feu allait atteindre le prince, s’élancèrent vers lui, le prirent et l’emportèrent dehors. |
Cette épreuve faite pour effrayer le prince avec du feu j
1. Le traducteur cambodgien de cette légende transforme le sala du récit indien qui n’était pas construit sur pilotis, en sala cambodgien toujours .surélevé de 1 mètre à 1 mètre 50 au-dessus du sol.
PUÉAS DIMK CTIÉADAK
n’eut pas lieu pendant un mois ou deux seulement, on la répéta durant toute une année, sans parvenir à faire remuer le prince.
Six ans. — Éj)reuve de Vêlé pi tant J ou. — Un réaeh-amat fut alors dire au roi :
— Le prince, votre fils, a maintenant six ans. Généralement â râgc de six ans les enfants ont peur des éléphants fous. Il faut essayer de faire peui' au prince avec un éléphant fou. Nous verrons [ce qu’il fera].
On fit alors venir un éléphant fou énorme, qui avait de belles défenses. On plaça le prince au milieu de la cour avec les 500 enfants. Quand tous les enfants furent l)ien occupés à jouer ensemble, on lâcha l’éléphant sur eux. Cet éléphant cpi’on avait gardé longtemps â l’attache était très méchant. Dès (ju’il aperçut les enfants, il courut à eux, en criant et en relevant sa trompe. Les enfants, le voyant, crièrent « Voilà l’éléphant 1 », et s’enfuirent. Il ne resta plus que le prince. Voyant l’éléphant qui venait à lui, il pensa qu’il valait mieux mourir tué par les défenses d’un éléphant (pie vivre dans le monde pour aller ensuite en enfer et y être durement puni et tortuié. Ayant ainsi pensé, il demeura immobile.
Quand l’éléphant fut pn'is du prince, il le prit avec sa trompe et le posa sur ses deux défenses, puis il se mit à le balancer de droite à gauche. Tous ceux qui étaient là, voyant cela, furent retirer le jeune prince de sur les défenses de l’éléphant.
Cette tentative faite pour effrayer le prince avec l’éléphant ne fut pas répétée seulement pendant un ou deux mois, mais on la répéta une année tout entière, sans qu’on vît le prince faire un seul mouvement. Il restait immobile.
Sept ans. — Épreuve du serpent. — Alors le roi fit appeler tous les amats et leur dit :
— Maintenant (jue vous avez éprouvé mon fils avec l’élépliant, avez- vous remarcpié (lu’il ait remué si peu (pie ce soit ses jambes et ses bras ?
Les amats répondirent au roi :
— Non, nous n’avons pas vu (pi’il ait remué scs bras ou ses jambes.
Le roi dit :
— Alors, maintenant qu’allons-nous essayer?
L’amat répondit au roi :
— A'oici maintenant (]uc ce prince a sept ans. Généralement, à cet âge, les enfants ont peur des serpents; il faut lui faire peur avec des serpents.
Alors le roi envoya chercher un gros serpent ; on enveloppa la liouche de ce serpent, jmis on le lâcha sur les 500 enfants et sur le prince qu’on avait rassemblés au milieu de la cour.
Ce serpent était très féroce et très méchant ; il dressa de suite la tête en faisant entendre son cri, khou! Id^ou! puis il rampa vers les enfants. Ceux-ci, apercevant ce serpent, très effrayés, se prirent à trembler, à crier, puis ils s’enfuirent. Le prince, lui, ne bougea pas. Craignant toujours les peines de l’enfer et y pensant toujours, il réfléchit (pi’il valait mieux mourir broyé par la bouche d'un serpent que vivre dans ce monde pour aboutir aux enfers, où les damnés sont gravement punis et pleins de tristesse. Ayant ainsi réfléchi, il demeura aussi immobile qu’un moha thér' qui entre dans le ninâthsamabat b et il ne bougea ni les bras ni les jambes.