‹ Les livres sacrés du CambodgeChapitre 249 sur 275 · Voir plus haut p. 298, n · texte numérisé non relu

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Quatorze ans. — Epreuves des ordures. — Le roi demanda aux amats :

— Alors ([ue vous essayiez des abeilles sur mou fils, avezvous vu (lu’il ait remué les jambes et les bras?

Les amats répoudireut :

— Non, il u’a pas remué.

— Maiuteuaut, [dit le roi], qu'allous-uous faire?

Les amats dirent :

— Maintenant, le prince, votre tils, est âgé de quatorze ans: généralement, :i cet âge, les enfants aiment les choses propres. Il faut essayer des choses malpropres et qui répandent une très mauvaise odeur.

Alors, le prince donna ordre de ne plus baigner son fils, do le laisser croupir dans ses excréments. On le fit et le prince, croupissant au milieu de ses excréments, respirant les mauvaises odeurs, vécut au milieu des mouches (jui s’attroupaient nombreuses autour de lui, et des vers (pii pullulaient gros comme des baguettes, sans faire un mouvement.

Alors, néang Cliânléa-févi et le roi Kasika étant venus pour voir leur enfant, lui dirent :

— Cher lils Dimé, maintenant cpie vous êtes grand, personne ne doit plus vous emporter pour vous baigner. Il faut vous lever vous -même et vous aller baigner. Vous ne pouvez pas dormir sur vos ordures qui sentent très mauvais, sans avoir honte devant tout le monde.

Mais ce prince, souillé par ses excréments, se disait: (( Il vaut mieux vivre sur scs excréments (pie vivre dans le monde, et (pi’aller aux enfers où les excréments sont entassés à une hautmirde cent yu(;h. » Ayant ainsi rélléchi, il ne remua pas.

(,)uand on essaya des excréments sur le prince, on n’essaya ])as un ou deux mois seulement, on essaya une année

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tout entière. Cependant on ne vit pas le prince remuer une seule fois.

Quinze ans. — Épreavcs de la clialear. — Le roi dit :

— Eh bien ! qu’allons-nous faire, maintenant ?

Les amats répondirent :

— Le prince votre lils a maintenant quinze ans. A (piinzc ans tous les enfants ont peur de la chaleur. Il faut essayer de la chaleur.

Le roi donna l’ordre d’allumer un grand feu ; puis ([uand il y eut une braise incandescente très vive, on fit porter le prince par les ménuni' sur son lit, puis on plaça la braise sous son lit. Le prince souffrait beaucoup et son corps se boursouflait de partout ; cependant, il demeurait immobile, patient, pensant toujours aux enfers : « J’aime mieux moudans ce monde par ce feu qui est meilleur pour moi (]ue le feu des enfers qui est plus terrible et (jui donne une plus grande fumée, i)uisqu’il s’élève jusqu’à une hauteur de 118 yuçh. » Ayant ainsi réfléchi, il resta immobile sur son lit.

Quand la reine, .sa mère, et le roi, son père, virent leur enfant très torturé par la chaleur, ils furent pris d’une grande pitié et d’une grande tristesse, leur poitrine se serra comme si elle allait se casser en sept parties. Alors ils renvoyèrent tout le monde, et vinrent prendre leur üls en pleurant et en disant :

— Notre cher enfant, nous vous aimons bien, mais, hélas ! vous n’étes pas cul-de-jatte, vous n’étes pas muet, vous n’ètes pas idiot ? Ceux qui sont cul-de-jatte n’ont pas les jambes et les bras comme vous les avez. Nous avons désiré vous avoir et, maintenant ({uenous vous avons comme notre cher enfant, vous restez-là comme un infirme, nous lais.sant

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