Tapis royal, sur lequel le roi s’asseoit pour recevoir
:j. Non ornée; du s. apa, sans, non; nutnka; iitanpa, orner, parer,
:U2 LES LrVHES SACHES DU CAMBODGE
— O mon elier chau Dimô ! le roi votre père a donné l’ordre au charretier de vous prendre demain et d’aller vous enterrer dans la forêt. Olil mon cher fils, ne me cpiittez i)as et ne vous séparez pas de moi demain.
Cette nouvelle que sa mère lui donne, rend le Bodhisattva heureux; il pense ainsi en lui-même:
— Ce ([ue j’ai fait depuis seize ans a complètement réussi. Maintenant que tout est fini je suis content, très eontent.
Néang Chântéa-tévi, sa mère, voit que son fils est gai, mais sa tristesse à elle croit sans ces.se; elle sent un mal dans sa poitrine comme si elle allait s’ouvrir en sept parties. A côté d’elle, le chau Dimê est heureux, mais il ne dit pas un seul mot à sa mère.
8. — Le ciiahretieh emmène le Bodhisattva POUR l’enterrer vivant
L<' lendemain matin, néang Chântéa prend de l’eau parfumée et baigne son enfant; elle l’habille des sept objets qui composent le costume du roi, puis, le prenant dans ses bras, elle l’emporte courageusement.
Quant au charretier, il n’a pas oublié l’ordre que le roi lui adonné. Il se lève de bonne heure pour prendre une charrette sans ornements et l’atteler de chevaux non ornés, mais, par un ell'et de la puissance du Bodhisattva, les tévodas le trompent et lui font prendre un char de gala et des chevaux ornés. Alors il conduit son attelage à la porte du palais, il s’arrête, descend, pénètre dans l’endroit de la prospérité’ et aperçoit néang Chântéa qui porte courageusement le Bodhisattva dans ses bras. Il s’arrête devant elle, se prosterne à deux genoux pour la saluer, et lui dit :
,1. Dans la .sa.lle où se trouve le tapis des audiences royales.
PHÉAS DIMÈ niIKADAK
— Ne vous lâchez pas contre moi si je viens ici, c’est que le Mahâ Kshatrîyàthiréaçh m’a donné l’ordre de venir chercher votre fils.
A ces paroles, néang Chântéa prend son enfant et l’entoure de ses bras sans rien dire.
Le Sundar-sarthey ',1a voyant faire ainsi,pensa en lui-même :
— Si j’ai peur de néang Chântéa, je ne pourrai m’emparer du prince et je n’obéirai pas à l’ordre royal. Il faut donc que je m’en empare.
Ayant ainsi pensé, il s’approche de la reine et lui prend son enfant dans ses bras, puis il l’emporte. Alors il s’aperçoit que le teint et la taille du prince Dimê sont ceux d’un magnifique garçon ; cependant il l’emporte comme on porte un bouquet de fleurs.
Néang Chântéa, voyant que le charretier emporte son fils, pleure et sanglote; ses cheveux se dénouent sur sa tête et glissent sur ses épaules ; elle se frappe la poitrine avec ses poings et crie en pleurant. Près d’elle, toutes les autres femmes qui sont à son service pleurent, car toutes sont prises de pitié pour le prince.
L(‘ chau Dimê entendant les cris et les pleurs de sa mère sent son cœur tressaillir de pitié, et une douleur si grande qu’il croit le sentir éclater en sept morceaux. Alors il pense ainsi :
— Si je ne parle pas, elle va certainement se briser la poitrine et elle mourra.
Ayant ainsi pensé, il a grande envie de parler à sa mère, mais il songe encore :
— Si je parle à cette heure, tout ce que j’ai fait depuis seize ans, conformément à ma résolution, est inutile. Alors je ne pourrai plus sauver ma mère et mon père. Si elle meurt, hélas 1