Les soldats, les chefs, les héros, les guerriers
LKS LIVRES SACRÉS DU CAMBODOE
[Et il lui montl'ait la chaire à prêcher].
Le roi lit ce (jue sou lils lui avait dit de faire, mais il n'alla pas se placer sur la chaire à prêcher; son lils le pria alors de prendre place sur le lit de feuilles qu'il avait déjà préparé pour lui, mais le grand roi, très respectueux à l’égard des religieux, n’osa point céder à l’invitation de son fils et n’alla pas s’asseoir sur le tapis de feuilles; il demeura assis à terre. Voyant cela, le Bodhisattva fut chercher hors de la .salle certaines feuilles et les offrit au roi en disant cette stance :
— Seigneur, mon pêrcl vous êtes ici comme un visiteur qui vient d’arriver, et je vous olîre des feuilles alin que vous les mangiez.
A ces paroles de son fils, le roi répondit :
— O mon cher enfant! je n’ai jamais mangé les feuilles des arbres de la forêt, je suis habitué à manger le riz et le blé le plus lieau et le plus blanc avec du poisson et des viandes, cependant je vais manger ces feuilles que vous m’offrez.
Ayant ainsi parlé, il prit les feuilles et, les tenant sur la paume de sa main, il dit :
— O mon cher fils! vous mangez donc tous les jours des feuilles semblables?
Le Bodhisattva répondit :
— Seigneur, mon père! je suis près de vous et je dois manger ces feuilles.
Comme il causait ainsi avec son fils, néang Chântéa-tévi arrivait avec ses suivantes nombreuses. Son fils fut de suite à elle et la salua, (iiuand elle le vit ainsi accroupi à ses pieds, elle pleura. Le roi fut alors à elle et lui dit:
— Néang Chântéa-tévi, regardez quelle est la nourriture de votre fils et ce qu'il mange tous les jours.
Et il mit les feuilles dans la main de la reine ; celle-ci les
PFÎÉAS DIMÉ CIIÉADAK
partagea entre toutes ses femmes afin ({u’elles vissent (pielle était la nourriture du prince. Les femmes, en voyant ces feuilles d’arbres, joignirent les mains au-dessus de leur tête pour saluer et demandèrent iFourquoi le Bodliisattva mangeait ces feuilles :
— Nous ne pourrions pas les manger, nous autres, disaientelles.
Le roi dit alors à son fils la stance suivante :
— Mon clier fils! puisque vous êtes toujours dans la forêt, nous n’avez point de sel ]Fonr fain^ ciur(' ces feuilles et vous n'avez aucune sorte d’épice à y mêhu’ ; vous ne mangez jamais de viande, c’est probablement pour cela (pie vous avez le teint si brillant.
Le Bodliisattva répondit :
— Cher grand roi! je vis tout seul ici sur un tapis d(' feuilles d’arbres; il n’y a pas ici imamat pour porter le préas khant’ et assurer le service. C’est pour cela ipie j’ai le teint beau et brillant. Je ne regrette pas la fortune et je me nourris autrement (pie les autres. Je vivrai ici toujours comme vous me voyez vivre maintenant. Il a été dit par les .savants : « (Juiconcpie désire les biens et les honneurs est un ignorant comme tous lesautres hommes. «Voyez cette fleur : elle est agrémentée de corolles, si vous enlevez la partie centrale (les pétales et les étamines) (pie restera-t-il d’elle' ?
Le roi pen.sa en lui-même (pie son fils avait raison : cepeiL dant il résolut de faire immédiatement la cérémonie aphîsék b puis d'emmener le jeune prince dans sa ville royale.
Cette résolution prise, il dit au chau Dimê :