‹ Les livres sacrés du CambodgeChapitre 269 sur 275 · Du pâli lundsârù, chez lequel les passions sont éteintes · texte numérisé non relu

Du pâli lundsârù, chez lequel les passions sont éteintes

pkéas dimè ciiéadak

on brise l’extrémité de ces jeunes pousses, elles meurent. La vie est semblable à ces choses-là et cesse à n’importe cjuel âge; il en est qui meurent sans qu’on puisse dire pourquoi. — Et vous voulez que, [(juittant la vie religieuse ([ui lentement me conduira à la cessation des renaissances et des morts, vous voulez (jiiej je monte sur le trône? Quand nous serons vieux, nous aurons un cortège qui nous entrainera sans (jue nous puissions lui résister et (|ui nous tuera.

Le roi demanda :

— Mon cher fils! qui donc nous fera mourir ainsi (jue vous venez de le dire? Parlez, car un roi a toujours autour de lui un grand nombre de gens.

Le Bodhisattva répondit :

— Seigneur! ce cortège est un cortège de maux qui entraîne et qui tue les hommes sans en laisser échapper un seul. Ce cortège est autour de nous et, quand nous sommes âgés, il nous entraîne sans y plus manquer que le soleil ne manque à marquer les jours et les nuits. >Seigneur, mon père, m’avez-vous bien compris? nous sommes comme le peigne du métier avec leciuel les femmes tissent les étoffes; (piand 1 étoffé est tissée, elles coupent le peigne et ce peigne ne peut plus servir à tisser encore. Notre temps écoulé, nous mourons. Voici un cours d’eau (pii roule rapidement ses eaux à la mer; si on y jette un morceau de bois flottable, il descend à la mer, entraîné par le courant et ne le remonte pas; la vie est semblable a ce cours d’eau et l’homme à ce bois qui flotte.

Le roi, convaincu par les paroles de son fils, songe à se faire religieux comme lui, à descendre du trône et, dans son c('eur, il pense ; (( .Je ne veux plus retourner en ma ville royale ; je resterai ici. Si le chau Dimé veut régner et s’asseoir sous le parasol étagé en ma ville royale, j’abdicpierai le p(mvoir. » Ayant ainsi réfléchi, il dit à son fils :

— Mon cher lils ! je vous remets le parasol étagé et le pouvoir, les dignitaires, les ministres, les habitants, les villes et les villages et je vous les donne. Quittez donc cette forêt où vous n’avez plus rien à faire, mon fils.

Le Bodliisattva, voyant (jue son père lui abandonne le pouvoir, lui répond :

— Seigneur, mon père! le trône et le pouvoir sont agréables ; vos richesses sont considérables, vos royaumes sont |)uis.sants, ce sont choses l)onnes dans le monde, mais après la mort, toutes ces richesses ne vous suivent pas dans le bar/ok'. Les femmes, les enfants, les éléphants, Icschevauxet toutes ces cho.ses cpie nous avons ici et que nous aimons, tout cela se sépare de nous à la mort et ne nous suit pas. De même la beauté, la fraîcheur du teint, superbes (|uand nous sommes jeunes, ne nous suivent pas dans la vieillesse ; nos cheveux blanchissent, notre dos se voûte, nos dents tombent, notre vi.sage enlaidit et, lentement, nous nous rapprochons de la mort. Nous Unissons comme un fruit mûr qui sq détache de la branche qui le porte, tombe à terre, y pourrit et s’y désagrège pour retourner au sable et à la terre. Ce qu’on a le matin est souvent perdu le soir; ce ({u’on a vu le soir a souvent disparu le matin. Voilà, mon cher grand roi, (pielle est la vie en ce monde où rien n’est établi et sûr. Ün meurt le soir, le lendemain ou le surlendemain, sans .savoir pourquoi, (pliant au Préas Aiiiritdcyoub il ne fait aucune distinction de personne et nul, — ni les princes, ni les rois, ni les préham, ni les sêfliey h ni les mukkmontrey ', ni les membres du séna-botdey b ni les

1. Du pâli puralüka, la vie future que nous avons iiiêritée (l’enfer ou le paradis).

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