Mémoire sur la prohibition de l'inceste, page
tre maintes règles de détail fixées par la coutume, qui autrement auraient pu nous échapper. Nous étudierons le clan à travers la famille, et non la famille à travers le clan.
* LES
Il reste à montrer pourquoi nous n’envisagerons pas la famille patriarcale qui, d’après Delafosse, existe partout en Afrique occidentale et est la seule qu’il convienne de considérer.
Tout ce qu’on sait sur la préhistoire et sur les origines de notre civilisation tend, en effet, à faire admettre que la famille patriarcale, celle d'Abraham, celle de Priam, a certainement précédé notre famille, la cellule sociale européenne, que certains prétendent en voie de se désagréger au profit de l'individu.
Les Lobi n’en sont-ils pas au stade de la famille patriarcale ? Le rôle si important que joue l’oncle maternel dans leur famille à parenté utérine, réduisant l'importance de celui du père, pourrait le faire croire. « Chez les Noirs de l’Afrique, le groupe auquel nous donnons le nom de famille, c’est-à-dire le groupe formé par le père, la mère et les enfants, n’a qu’une importance secondaire, Souvent même il n’existe pas, en ce sens que le mari d’une femme, chez beaucoup de peuples noirs, n’est qu’époux et n’est pas père, attendu qu’il n’a aucun droit sur les enfants nés de ses œuvres : ces derniers, dans ce cas, appartiennent uniquement à la famille de leur mère et c’est l’aîné des frères de celleci qui exerce sur eux des droits paternels » 1.
Comment ne pas se ranger à l'opinion du célèbre ethnographe, et ne pas conclure que la famille restreinte n’a pas d'importance au Lobi ? C’est que les situations