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Les Noirs de l'Afrique, page

qui de son côté a rompu tous rapports avec elle. Il n’y a entre celui qui cède une femme et celui qui l'épouse aucune situation comparable à celle qui existe entre un créancier et son débiteur.

Il semble que le terme : dédommagement, conviendrait mieux, Une travailleuse quitte les siens pour se marier : dédommagement à la famille. Elle quitte son mari pour un autre : dédommagement à l'époux abandonné. Qui a recu une fois le dédommagement n’a pas à le rendre — ce qui n’est le cas ni du cautionnement, ni du gage — et en use comme il l’entend. Mais dédommagement implique dommage causé, et l’on ne peut guère considérer qu’épouser une fille constitue réellement un dommage pour les siens. C’est pourquoi nous préférerons le terme : compensation, malgré son sens très particulier en droit. Pour éviter toute confusion, nous dirons : dot compensatrice, ces deux mots dans ce sens étant connus de tous ceux qui vivent au contact des nègres, et caractérisant parfaitement le versement, en espèces ou en nature, qui a pour effet d’équilibrer les situations de celui qui cède et de celui qui acquiert le travail que la femme est capable de fournir.

Il est curieux de constater qu’on s’est maintes fois mépris sur la signification réelle de la dot, qui a le caractère d’une compensation chez tous les Noirs de l’Afrique occidentale. Ainsi M. G. Chéron : « Qu'est-ce que le mariage ? Tout simplement le contrat synallagmatique de la vente » 1. M. Solus, d’autre part, trouve dans la jurisprudence de la Chambre d'homologation de Dakar, que « la population qui ne se réclame pas de l'Islam... suit des coutumes qu'il est assez malaisé de caractériser. : polygamie, achat de la femme, divorce et répudiation en sont les traits communs » ?. [1 n’y a ni achat ni vente,

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