SE
même ses autres femmes; et la femme, veuve, divorcée ou adultère, courra à sa guise vers de nouvelles unions. La famille a fait le premier choix, a bénéficié de la première compensation, mais son rôle prend fin avec le premier mariage.
La femme doit obéissance et fidélité à son mari. Elle est chargée de travaux divers qui sont exclusivement du ressort des femmes, tels que la pféparation des aliments, l’approvisionnement en eau et en bois, les semailles, la récolte des produits des champs ou de cueillette, la fabrication de la bière de mil et du beurre de karité, le crépissage des murs, le damage des terrasses des maisons, etc:
En temps ordinaire, la femme n’est pas fondée à refuser d'accomplir le devoir conjugal. Elle doit par contre le refuser formellement, lorsqu'elle est indisposée, enceinte de plus de cinq mois (environ), ou quand elle nourtit. Mensuellement, la femme souffrante a droit au repos complet; on ne peut lui imposer aucun travail. On n'y songerait d’ailleurs pas, car elle est alors considérée comme frappée d'’interdit : « L’épouse qui subit le flux menstruel ne peut avoir de rapports sexuels ni faire la cuisine pour son mari, ni puiser l’eau qu'il boit; c’est la co-épouse qui se chargé de ces soins pendant le temps nécessaire. Le monogame est obligé de demander sa nourriture à une personne de sa famille, et s’il habite une maison isolée, fait griller lui-même des épis de maïs, mange des fruits, et se soutient comme il peut »1. La femme enceinte cesse tous rapports sexuels quelques mois avant l’époque présumée de l’accouchement. Nourrice, elle est tenue d’observer la chasteté, sous peine, diton, de donner la diarrhée à son enfant qui, en principe,
1. H. Labouret. La chasse et la pêche dans leurs rapporis avec les croyances religieuses parmi les populations du Lobi, page
ne doit être sevré que lorsqu'il sait marcher. D'une façon générale, d’ailleurs, les questions d’alcôve doivent rester entre époux. Les tiers sont tenus à une très grande discrétion, Si même il arrive qu’une dispute naisse dans l'intimité du ménage, la femme, selon la traduction de l'interprète, doit « garder les gifles pour elle ». En som- me, s’il est des règles coutumières fixant les rapports entre époux, les violer reste affaire entre eux et leurs dieux. Tant qu'il n’y a pas scandale, les tiers doivent feindre d'ignorer tout manquement aux traditions.
La femme a droit à l'affection de son mari, qui doit, en principe, répartir ses nuits entre ses femmes, mais qui n’est pas tenu de n’en préférer point. Ses épouses se partagent les faveurs du maître et les travaux du ménage par périodes de durée variable, généralement supérieures à vingt-quatre heures.
L’épouse a droit, bien entendu, à la nourriture et au logement : elle serait fondée à quitter son mari s’il la négligeait à ces points de vue. La récolte, après avoir été partagée entre le chef de maison, ses femmes et leurs enfants capables de rendement, est placée par chacun d’eux dans le casier qui lui est réservé dans les greniers L. Chaque jour, il est pris dans chaque casier le grain nécessaire à la nourriture de chacun. Les enfants en bas Âge n’ont pas de réserve particulière et mangent avec leur mère.
Un bon mari partage sa bière avec ses femmes. I leur vend le tabac à chiquer, qu’elles lui paient de leurs deniers personnels ?. Il n’est pas tenu de les habiller ni de les parer. Il doit, dans ses cadeaux, éviter une partialité excessive 3.