‹ Les Lobi et Leur CoutumeChapitre 51 sur 76 · RU · texte numérisé non relu

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Le sacrifice expiatoire est offert par l’amant à celui des dieux de la maison du mari dont le rôle est de veiller à la vertu des épouses. Le sacrifice s'adresse fréquemment aux mânes de l’ancêtre. Le montant d’un sacrifice expiatoire est très élevé : nous avons présidé à un arrangement à l'issue duquel les anciens ont fixé l’offrande due par l’amant à un mouton, un coq, six poules et trois cents cauris, ce qui représente trente francs (dix fois l'impôt de capitation de 1928). ,

La vengeance à répercussion prolongée des Lobi est fort analogue à la vendetta croisée des Corses, ou à la haine à mort écossaise du Moyen-Age, ainsi décrite par Walter Scott : « ce qui éternisait les troubles, c'était la coutume barbare connue sous le nom de haine à mort. Lorsqu'un homme était insulté ou tué par un autre, ses parents, sachant que les lois étaient impuissantes pour leur faire obtenir satisfaction, se vengeaient euxmêmes en mettant à mort quelqu'un de la famille de celui qui les avait offensés, quelque étranger d’ailleurs que l’objet de leur vengeance püût être au crime ou à l’offense. Les autres à leur tour cherchaient à se venger sur un membre de la famille qui avait été outragée la première, et de cette manière la querelle se transmettait de père en fils » 1.

Dans la vengeance lobi, le mari outragé agit lui-même s’il le peut. S'il est infirme ou indisponible, pour quelque raison que ce soit, ses frères ou ses neveux -peuvent le suppléer, car ils appartiennent au même clan que lui. À leur défaut, il aura recours à un parent mâle de son clan. Il lui est interdit de s'adresser à ses fils, d’abord parce que ceux-ci ne sont ordinairement pas de son clan, ensuite parce qu'ils auraient ainsi à prendre parti entre leur père et leur mère. En pratique d’ailleurs, les fils seraient trop jeunes. Il est fort rare que l’épouse lobi,

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