Les Noirs de l'Afrique, page
que l’émancipatioh de fait arrive à l’âge d'homme, et qu’il n’y a pas d’émancipation de droit.
Les devoirs de l’enfant non émancipé consistent essentiellement dans l’obéissance rigoureuse aux ordres du père, dans le respect dû aux parents, dans la déférence et l’aide qu’il doit à l’oncie maternel. L’émancipation ne saurait dispenser que du premier de ces devoirs : l’obéissance au père. En pratique l’humeur particulière à chacun jouera le plus grand rôle : il arrive que des adolescents quittent leur famille pour échapper à l'autorité paternelle, comme il arrive aussi que le père garde une solide influence sur ses enfants adultes et mariés.
Il semble qu'avant la domination européenne, les
- enfants étaient considérés au Soudan comme appartenant au chef de famille, qui pouvait les vendre ou les donner en gage. M. G. Chéron le dit dans un livre où il groupe de nombreux renseignements recueillis par les voyageurs sur la société noire, avant notre conquête ou tout à son début : « Le père est maître absolu de ses enfants. T1 pouvait même jadis les vendre dans les cas graves... et avait la faculté de les donner en garantie d’une dette pressante »1. Cette mise en gage a quelque chose qui rappelle le droit romain.
Nous nous sommes trouvé au Lobi entre 1923 et 1928. Nous n’y avons rien trouvé qui rappelle ces coutumes, oubliées sans doute à notre contact. Nous avons cité plus haut? une tradition, tombée en désuétude, d’après laquelle le complice de la femme adultère devait autrefois remplacer par un autre enfant l’enfant de sa maîtresse,