Ibidem, page
2. En mai 198, un Européen mal informé tuait un caïman sacré: dans un marigot tabou, voisin de Diébougou. La pluie ne tombant pas, bien que le mois de mai soit habituellement pluvieux, les Dian attribuèrent la sécheresse au courroux du dieu de la Rivière. L'Européen s’empressa d'offrir un mouton au chef de la Terre ; la pluie survint le surlendemain, et le désastre fut conjuré.
ne perçoit rien sur les oiseaux. » M. Labouret dit que: le chef de la chasse a droit, en outre, « aux animaux qui, tirés simultanément par plusieurs chasseurs, ne peuvent être attribués à aucun d’eux, à ceux encore: dont on trouve la dépouille sans qu’on puisse déterminer qui les a abattus »i,
La chasse peut sans doute être organisée librement, même en battue ; et alors les dons au chef de la chasse seront facultatifs. Mais on préfère toujours avoir recours à lui, et par lui se recommander aux puissances surnaturelles, car ainsi on sera sûr de rencontrer du gibier en abondance, et il ne se produira aucun accident.
Les animaux nécessaires aux sacrifices sont fournis par le chef de la chasse. Il se les procure grâce au fonds spécial que les redevances des chasseurs lui ont permis de constituer. Le poulet est égorgé. S’il tombe. sur le dos, c’est d’un heureux auspice. Sinon, on renou-
velle le sacrifice; et on renonce à la chasse si le présage
reste défavorable.
Le chasseur isolé cherche, lui aussi, à se concilier les. puissances qui dominent la brousse. Il fait des sacrifices, chaque année, à la Terre ou à son fétiche particulier. Une partie du produit de ses expéditions peut être remise au chef de la Terre, ou servir à acheter des animaux que le chasseur ou son père immoleront euxmêmes.
Le chef de la pêche reçoit, à titre de redevance, une partie des poissons capturés, grâce à quoi il peut se procurer les victimes nécessaires &.
d. Ibidem, page 256.
8. La pêche au stupéfiant est, selon M. Labouret, précédée dur sacrifice suivant : « le chef de pêche et un aide descendent dans: le lit du cours d’eau, le premier façonne de ses mains un pâté de vase sur lequel il immole un poussin, suppliant les dieux aquatiques d’'écarter des pêcheurs les influences mauvaises. La même prière est renouvelée au moment du sacrifice d’un poulet. » (Op. cit., page 259.)
Le rôle du chef de chasse ou de pêche est primordial. Presque rien ne se fait sans lui, et l’on pourrait presque dire qu’il est l’administrateur du monopole de chasse, ou de pêche, « Il jouit d’un privilège exclusif dans une zone déterminée, Ce privilège se traduit par Île choix des moments de pêche (ou de chasse), le droit d'accomplir les sacrifices, la faculté de s’engager par des promesses vis-à-vis des dieux 1. »