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LES SUCCESSIONS

Ordre successoral. — Testament oral et premières funérailles. — Deuxièmes funérailles et généralités sur la dévolution de la succession. — Dévolution des successions ne comportant que des biens individuels. — Dévolution du patrimoine familial. Partage normal. Sort des veuves. — Exécution des dispositions testamentaires.

Les successions peuvent comprendre :

a) des droits sur les choses ; b) des personnes.

Les droits peuvent être collectifs ou individuels. Les personnes ne peuvent être que les veuves du de cujus.

En principe, l'héritage est dévolu à la parenté utérine; en fait, la filiation consanguine commence à en prendre une part appréciable.

En dépit de modalités locales, les tribus du rameau lobi donnent la priorité dans l’ordre successoral aux collatéraux mâles, en ligne utérine; à leur défaut, cas très rare, les descendants peuvent être habiles à succéder.

Les Lobi observent d'habitude l’ordre successoral suivant :

a) Collatéraux en ligne utérine :

1° frères germains;

2° sœurs germaines;

3° neveux fils des sœurs germaines 1 ; 4° nièces, filles des sœurs germaines.

b) Descendants : fils.

Lorsque les sœurs germaines héritent, ce que tous les Lobi n’admettent pas, elles le font en somme au lieu de leur enfant mâle, présent ou à venir, auquel elles auront à transmettre ultérieurement l’héritage. De même, Îa nièce qui succéderait le ferait à défaut d’autre collatéral en ligne utérine, et au nom de son enfant mâle, petit neveu utérin du mort. $

On peut remarquer que les ascendants n'’héritent jamais ?.

Les frères héritent toujours avant les sœurs, à degré de parenté égale, même s’ils sont moins âgés.

Lorsque personne n’est habile à succéder, cas exceptionnel, le chef de la Terre recueille l'héritage, dont profiteront la Terre et la collectivité.

La mort peut résulter d’un accident ou d’une maladié.

Dans le second cas, le mort aura généralement eu le temps de faire connaître ses dernières volontés, en un véritable testament, fait oralement, avec ou sans témoins.

Suivant le cas, la succession ira dans son ensemble aux héritiers normaux, ou aura à supporter le prélèvement des legs particuliers voulus par le mort.

1. Chez les Gan, le neveu fils de sœur succède én premier lieu.

8. Une exception de fait, de la fillé à sa mère. Voir infra, page 174.

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Le testament du père est très important, Il y indique les dons qu’il entend faire à tel ou tel parent bien-aimé, et surtout fait connaître à celui qu’il préfère — c’est généralement son fils aîné 1 — où il a caché ses cauris et son argent, et quelles sont ses créances; par exemple : dans un certain village, un de ses amis a deux bœufs à lui; un autre lui doit dix mille cauris; il a payé l’impôt d’un troisième; le ravisseur d’une de ses femmes lui doit encore trois moutons. Les cauris son enterrés derrière la da maison, au pied d’un jeune baobab. Ses écus sont dans un trou de la muraille, à côté d’un crochet où son arc est pendu.

Les legs en faveur de tei ou tel membre de la famille peuvent être stipulés par le mourant en présence de parents qui tiennent lieu de témoins. Il va sans dire, au contraire, qu’il indique en secret à ses fils les cachettes où se trouve son argent. £

Le moribond rend le dernier soupir. Sa mort est saluée par les cris aigus, prolongés, déchirants de ses femmes qui se précipitent tour à tour hors de la maison, se déchirent la poitrine et errent en montrant tous les signes d’une affolante douleur. Le cadavre, paré, est apporté sous un arbre, où il restera exposé plusieurs jours. Des preuves de sa richesse et de sa force : armes, bijoux, dépouilles, paniers de mil, sont étalées autour. de lui. Bientôt arrivent les musiciens, Une danse funèbre commence.

L'allié de clan, dont nous avons déjà signalé le rôle important ?, ne tarde pas à se montrer. Gardant son sang-

1. « Le père répugnera le plus souvent à laisser ses fils absolument dénués de tout par suite de l’hérédité cognatique qui les dépossède complètement. S'il le peut, il les avantagera toujours avant sa mort dans une proportion qui varie avec l'affection qu'il a pour chacun d'eux, » (G. Chéron. La société noire. de l'A. O. F., page 78).

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