‹ Les Localisations Douloureuses de la Lithiase BiliaireChapitre 6 sur 20 · MARGE SALES · texte numérisé non relu

MARGE SALES

sation donnée par Desjardins, si on la prend à la lettre, est évidemment un peu théorique. Nous savons que la projection d'un viscère sur la paroi ne peut être mathématiquement la même chez tous les sujets. Même la zone indiquée par Chauffard, si on la considère dans ses limites exactes, no peut correspondre qu’à la majorité des cas et non à tous. « Cette délimitation n'est exacte, dit-il, que si le malade n’a pas son ombilic abaissé par suite du prolapsus adipeux de la paroi. » Et c'est là, d'autre part, une cause de déformation si fréquente qu'elle peut, à elle seule, suffire à nous expliquer la légère différence de hauteur qui existe entre la localisation de Desjardins et celle de Chauffard. On peut donc dire qu'il n’y a là que deux modalités d’une seule et même localisation, et nous retiendrons la zone pancréatico-cholédocienne comme répondant à la majorité des cas.

À quoi faut-il rapporter une douleur à la pression ainsi localisée? Pour Desjardins, c’est un signe de pancréatite chronique. Actuellement, on en fait avant tout un signe de lithiase. Nous savons d’ailleurs quelle est la fréquence des altérations pancréatiques dans l’aflection calculeuse du foie, soit par irritation ou compression, soit, plus souvent, par un léger degré d'infection ascendante, et le chirurgien constate fréquemment à l'intervention l’induration de la tête du pancréas. « IL est des cas où il est absolument impossible de différencier les deux affections par la raison qu’elles coexistent, dit lui-même Desjardins. Nous avons vu, en ellet, la fréquence des calculs biliaires dans les pancréatites. Dans la grande majorité des cas, l’inflammation a pour point de départ les voies biliaires. » Et ainsi, lui-même reporte implicite-

ment sur’la lithiase le signe qu'il étudie dans les pancréatites.

Donc, constatant cette douleur, c’est en premier lieu à la lithiase que le clinicien doit penser. Quelle en est la genèse ? Etant donnée la grande fréquence de cette localisation dou- Joureuse, M. Chauftard pense que dans la majorité des cas elle ne traduit pas la souffrance de la région comprimée par le doigt, mais que c’est une simple irradiation douloureuse sur le trajet des voies biliaires lithiasiques, comparable aux points uretéraux ou rectaux de la lithiase rénale. Ce ne serait que lorsqu'elle présente un caractère de fixité et de permanence qu’elle peut indiquer une lésion locale : pancréatite ou li-

thiase cholédocienne.

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