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LES CONGESTIONS PULMONAIRES RHUMATISMALES

Le processus congestif qui caractérise essentiellement les pneumopathies rhumatismales a été remarquablement décrit par BERNHEIM. Histologiquement c’est une lésion à début alvéolaire, d’origine vasculaire. 11 importe de noter que l’atteinte de l’alvéole n’est nullement consécutive à une extension à l’arbre respiratoire d’une bronchite ou d’une bronchiolite.

La réaction initiale se traduit par une congestion intense des capillaires des travées alvéolaires. Ils deviennent turgescents et arrivent ainsi à réduire la cavité dés alvéoles pulmonaires. Il s’en suit cliniquement de la submatité et une diminution du murmure vésiculaire.

À un stade plus avancé du processus, la réplétion des capillaires est telle qu’elle entraîne le collapsus des alvéoles, dont la lumière n’existe plus. On constate de la matité par densification du poumon, une disparition du murmure vésiculaire, une respiration soufflante et même du souffle, l’ensemble revêtant l'aspect d’un bloc pneumonique.

Le caractère purement congestif de ces troubles est révélé par la mobilité des signes qui disparaissent ou se déplacent en peu de temps.

Il y a parfois des hémoptysies. Ceci est dû à ce que la turgescence des capillaires aboutit à leur rupture et au passage du sang dans les alvéoles.

Lorsque le processus congestif se prolonge, un exsudat séro-sanglant envahit les alvéoles et les bronches. L’endothélium alvéolaire desquame, prolifère, ce qui donne naissance à des râles. Ceux-ci n’apparaissent que tardivement, lorsqu'on a déjà constaté de la matité et un affaiblissement du murmure vésiculaire. Ceci montre que l'atteinte alvéolaire n’est pas consécutive à une extension descendante d’une bronchite. En effet les bronchio-alvéolites se caractérisent par des bruits de râles qui extériorisent le catarrhe bronchio-alvéolaire. La densité du poumon ne s'accroît qu’au moment où les alvéoles sont atteintes.

Cette distinction permet de discuter la légitimité d’opinions avancées par certains auteurs : GARROD prétend que les bronchites sont fréquentes chez les rhumatisants en poussée aiguë. Ces auteurs ont sans doute ignoré la période de submatité et de diminution du murmure vésiculaire qui a précédé l'apparition des râles, ils n’ont ainsi reconnu qu’un stade avancé de la congestion pulmonaire, car leurs exemples ne revêtent pas l’aspect sévère de l’une des formes cliniques que nous allons étudier.

La congestion pulmonaire prend quelquefois une extension brutale et s'accompagne d'œdème aigu généralisé.

La gravité de ces complications pulmonaires au cours de la maladie de Bouillaud permet d’affirmer qu'elles constituent une menace plus immédiatement redoutable que les localisations cardiaques.

Par leur violence, leur soudaineté, ces accidents , Q . - .

Sapparentent aux grands accidents fluxionnaires qui

caractérisent la polyarthrite rhumatismale et le rhumatisme cérébral.

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