‹ Les Localisations Pulmonaires de la Maladie de BouillaudChapitre 8 sur 21 · FORMES CIRCONSCRITES · texte numérisé non relu

FORMES CIRCONSCRITES

La congestion peut se limiter aux sommets ou aux bases. C’est par un examen méthodique des rhumatisants qu’on la décèle. La température s’élève parfois d’une façon anormale, mais ceci n’est pas une règle et bien des cas sont apyrétiques. Il n’existe aucun rapport entre l’importance des arthropathies et l’apparition de la localisation pulmonaire. Elle peut survenir au début ou au contraire à la fin des arthralgies. Elle s’accompagne fréquemment de péricardite. La percussion révèle une diminution de sonorité, le murmure vésiculaire diminue, la respiration est obscure.

Dans un deuxième stade la respiration est plus rude, soufflante, il y a retentissement de la toux et de la voix, la submatité est nette. À ces signes font bientôt place des ronchus, des sibilances, des râles sous-crépitants. La toux est quinteuse, pénible et aboutit à une expectoration spumeuse, quelquefois plus visqueuse et teintée de sang.

Ce qui caractérise ces symptômes c’est qu’ils sont mobiles et variables d’un examen à l’autre. On assiste en peu de temps à la naissance de plusieurs foyers. Mais ils rétrocèdent rapidement et la guérison est la règle, d’autant mieux que le traitement est activement poursuivi par le salicylate par voie endoveineuse.

« Cette variabilité des symptômes établit bien leur nature congestive. Il ne peut s’agir de pneumonies,

comme le croient beaucoup d’auteurs, dans le sens propre du mot, ni d’hépatisations vraies qui ne peuvent disparaître d’un jour à l’autre. Sans doute souvent quelques-uns des signes stéthoscopiques de la pneumonie sont là, mais ces signes ne sont pas spécialement dévolus à la pneumonie. Ni la matité, ni les râles crépitants, ni un bruit de souffle ne caractérisent la pneumonie ; ces signes n’impliquent qu'un état physique particulier du poumon » (BERNHEIM).

Ces accidents peuvent se reproduire, ils ont tous les caractères de tenacité et de réveil à longue échéance des arthralgies. Il importe d’être d’autant plus sévère et attentif dans la convalescence de tels malades. Et cela d'autant plus que, dans d’autres cas, lorsque la maladie n’a pas été dépistée et traitée en temps opportun, la congestion pulmonaire, au lieu de rester circonscrite, se généralise soudain.

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