‹ Les locutions nantaisesChapitre 4 sur 9 · XXVIII LETTRE · texte numérisé non relu

XXVIII LETTRE

Amadou y par exemple, ces figures excentriqueSy si connues du peuple, qui pinçaient inconsciemment delà guitare, habillées de toutes sortes de haillons et de rubans prétentieux ramassés au hasard dans le ruisseau, si sympathiques et si respectées même des polissons, ces demoiselles Amadou dont vous avez si bien fait de consacrer les traits bizarres et légendaires.

Merci donc, au nom des Nan-

tais épris de leur berceau, comme ils le sont presque tous d'ailleurs. J'ajouterai deux mots^à vos renseignements si précieux.

Ce serait mal me connaître, et ce serait même ne pas me connaître du tout, que de croire que je n'aurai pas une mention pour la nourriture bretonne. Elle a son caractère particulier, je parle surtout de la nourriture plébéienne ; je parle des galettes de blé noir, débrassées avec du lait,

XXZ LETTRE

finement dentelées^ bien beurrées ; Je parle des caillebottes, blanches et frissonnantes, enfermées dans de jolis pots de grès ; je parle des fouaces vantées par Rabelais : «• avec du raisin^ c'est un délicieux mangier, » a écrit l'illustre maître es gueule.

Je m'arrête, car je pourrais laisser courir ma plume jusqu'à demain sur un tel sujet; je préfère épuiser la matière lors de notre prochain dîner de la Pomme, à

A M. PAUL BUDBL

Paris y au restaurant Corazza, où les Bretons en exil se donnent rendez-vous chaque mois.

Charles Monselet.

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