Cf. Lect. on Log., Lect. I
2. Un disciple d' Hamilton , Mansel, dans ses Prolegomena logica, définit aussi la logique la science des lois formelles de la pensée. La matière est tout ce qui vient du dehors à la pensée, la forme « tout ce qui est présenté dans et par l'acte de penser lui-même ». La logique n'a rien à voir au contenu de nos opérations mentales ; elle n'a pas à s'inquiéter si concepts, jugements et raisonnements correspondent ou non à une réalité ; son unique objet est la manière de penser, en ce qu'elle a de général. Aussi reconnaît-elle pour « logiquement valides » tous les concepts, jugements et raisonnements « qui ne sont pas en désaccord avec les lois fondamentales de la pensée », laissant à telle ou telle partie de la science naturelle à déterminer «c si les mêmes produits de pensée sont garantis par le témoignage de telle ou telle expérience spéciale. » — Ainsi définie, la logique a deux fonctions, l'une constructive, l'autre critique. La logique constructive prend les trois lois formelles de la pensée, loi d'identité, loi de non-contradiction et loi du milieu exclu, et, les appliquant aux matériaux dont sont formés notions, jugements et raisonnements, elle construit formellement, c'est-à-dire en se préoccupant uniquement de leur rapport aux lois de la pensée et nf!n de leur rapport à la réalité objective, ces trois produits de la pensée. Pour entrer en action, il faut que des
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tout ce qui, de près ou de loin, tient à la matière de la connaissance, et qu'elle n'en considère que la forme commune et universelle. Elle est donc une science formelle. Elle ne s'occupe point de l'existence réelle ni de ses relations, mais seulement de cette existence et de ces relations qui se manifestent sous les conditions de la pensée et qui sont réglées par elles. Elle ne sait rien de la vérité ou de la fausseté des propositions elles-mêmes ; elle n'en tient pas compte. En logique, tout ce qui n'est pas contradictoire est vrai. La logique ne garantit ni les prémisses, ni la conclusion, mais uniquement la conséquence des premières à la dernière, car un syllogisme n'est autre chose que l'affirmation explicite de la vérité d'une proposition, dans l'hypothèse que d'autres propositions qui la contiennent implicitement sont vraies '' . » Kant a entrevu la vraie fonction de la logique ; mais il ne l'a pas nettement et définitivement dégagée de tout ce qui n'est pas elle, en y laissant les propositions modales déter-
matériaux lui soient donnés ; ainsi elle ne saurait construire des notions sans attributs, des jugements sans notions, des raisonnements sans jugements. Mais, dans la construction des notions, son rôle se borne à voir si les attributs unis en une même notion ne sont pas contradictoires ; la validité matérielle d'une telle construction ne la regarde pas ; logiquement, la notion d'un « centaure » est aussi correcte que celle d'homme. Dans les jugements, elle recherche uniquement si les notions rapprochées et réunies ne sont pas contradictoires. Logiquement, un jugement affîrmatif et un jugement négatif sont vrais, quand les notions prises comme sujet et comme attribut sont compatibles entre elles ou ne le sont pas. De même, dans les raisonnements, la logique a seulement à voir si les jugements accouplés n'ont rien de contradictoire entre eux. — La logique critique examine si les notions, jugements et raisonnements sont formés conformément aux lois de la pensée.
1. Discussions, IV. Dans le même morceau, Hamilton dit : « La logique ne considère pas les choses comme elles existent réellement et en elles-mêmes, mais seulement les formes générales de la pensée sous lesquelles l'esprit les conçoit. »
minées par la nécessité, la possibilité ou la contingence du rapport qui unit le sujet et le prédicat; il ne l'a pas ainsi complètement distinguée de la métaphysique. Il faut donc uniquement lui assigner pour objet la forme de la connaissance. La forme, toute la forme, rien que la forme, telle pourrait être sa devise *.
Ainsi définie, la logique ne se confond, comme on serait peut-être tenté de le croire, ni avec la psychologie, ni avec ce que depuis Kant on doit appeler la critique. Toutes les phases de la pensée nous soni connues par la conscience, et à ce titre elles semblent ressortir toutes également à la psychologie. Mais, bien qu'elles soient toutes unies, et que l'analyse seule puisse les séparer, les unes sont contingentes et les autres nécessaires. Les premières, en tant que phénomènes, appartiennent « à la science dite psychologie empirique ou historique ». Mais quand l'abstraction a séparé des manifestations contingentes de la pensée « les formes nécessaires » qui en sont les lois, « il en résulte une science qui se distingue de toutes les autres, en ce qu'elle prend pour objet ces formes nécessaires ^ » Toutefois son objet n'est pas celui de la critique. Celle-ci se propose de déterminer les conditions organiques de toute pensée, les lois fondamentales et nécessaires engagées dans toute démarche de l'esprit. La logique, au contraire, considère non les actes mêmes, mais les produits de l'entendement ; aussi les lois générales auxquelles elle est soumise ne sont-elles pas ce que Kant a appelé les formes à priori
1. Cf. Baynes, Essay, etc. « La logique considère la forme, et non la matière de la pensée ; mais la forme se manifeste seulement appliquée à quelque matière ; la logique demande à pouvoir emploj'er quelque matière dans ses exemples. » Cf. Hamilton. Logic, append. VI (6).