‹ Les Logiciens anglais contemporains (volume 2)Chapitre 2 sur 90 · Log. md. et décL, trad. tram^, t. Il, appeud. II · texte numérisé non relu

Log. md. et décL, trad. tram^, t. Il, appeud. II

servent à l'estimation de la preuve, c'est-à-dire à la fois du procédé général qui va du connu à l'inconnu, et des opérations auxiliaires de cette opération fondamentale. »

Aller du connu à l'inconnu, c'est raisonner. Le raisonnement, au sens large du mot, est synonyme d'inftrence. On distingue d'ordinaire des inférences du particulier au général et des inférences du général au particulier; les premières sont appelées inductions, et les secondes, syllogisme^. Mais les unes et les autres sont dérivées d'un mode primitif d'inférence, l'inférence du particulier au particulier. La logique doit montrer par quelle évolution ce mode primitif et irréductible de raisonnement donne naissance à l'induction et à la déduction scientifiques. Bornons-nous ici à ce qui concerne la première.

Toutes nos inférences primitives sont faites, d'après StuarL Mill, du particulier au particulier. Dès les premières lueurs de l'intelligence, nous tirons des conclusions, et des années se passent avant que nous apprenions l'usage des termes généraux. L'enfant qui s'est brûlé le doigt se garde désormais de l'approcher du feu ; il a raisonné et conclu, sans s'être pour cela servi .d'un principe général. Il se souvient qu'il a été brûlé ; et, sans autre garantie que ce souvenir, il croit que, s'il approche encore son doigt du feu, il se brûlera de nouveau; l'image du feu et le souvenir de la sensation douloureuse précédemment éprouvée sont associés en son esprit, et la présence de l'une suffit à provoquer l'apparition de l'autre. La même inférence se répète chaque fois que se présente un nouveau cas semblable; mais, chaque fois, elle ne dépasse pas le cas présent; il n'y a pas là de généralisation; un fait particulier est inféré d'un fait particulier.

Mais cette induction instinctive et restreinte est loin d'être l'induction réfléchie et savante. Comment s'opère le passage de l'une à l'autre? Comment de linférence du particulier au particulier peut-sortir Tinte rence du particulier au général? L'induction savante consiste à conclure que « ce qui est vrai dans un cas particulier sera trouvé vrai dans tous les cas qui ressemblent au premier j). Il suffit de ce bref énoncé pour taire voir qu'une telle opération implique un principe ou un postulat. Pour croire que ce qui s'est produit dans un cas particulier se reproduira dans tous les cas semblables, il faut au préalable croire « qu'il y a des cas parallèles dans la nature, que ce qui est arrivé une fois arrivera encore dans des circonstances suffisamment semblables et de plus arrivera aussi souvent que les mêmes circonstances se représenteront ^ »

Mais comment s'engendre cette conviction? L'uniformité de la nature, quand on met un corps dans cette forme vide, est la somme des uniformités partielles ; elle est un fait complexe composé des uniformités séparées de chaque phénomène. Cela revient à dire que le principe ou le postulat de l'induction est l'expression abrégée de toutes nos inductions partielles. Mais, à parler ainsi, il y a cercle vicieux. Si en effet l'induction du particulier au général implique, pour être vahde, la croyance à Tuniformité du cours de la nature, cette croyance ne peut dériver des inductions particulières, qui, sans elle, seraient sans force et sans valeur.

Mais n'oubUons pas quelle est la nature des inductions primitives. Elles se font d'un cas particulier à un cas particulier. L'homme alors induit spontanément, et

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