Log., app. XI, B; Cf. Discus., app. IL
depuis lors l'objet d'aucun soupçon; la quatrième, d'invention plus récente, a souvent semblé suspecte; on ne l'a cependant pas rejetée définitivement de la science, parce qu'on n'avait pas le moyen de découvrir le vice que l'on sentait en elle. La nouvelle analytique prétend délivrer la logique de ce monstre. Considérons un syllogisme de la quatrième figure :
P est M,
M est S, Donc S est P.
Il est aisé de voir que l'ordre des prémisses et de la conclusion n'est rien moins que naturel. Dans les prémisses, P est le plus petit terme, et dans la conclusion il est le plus grand. Les deux prémisses énoncées, l'esprit attend que P soit affirmé comme partie de S; l'attente est déçue; parvenu à la conclusion, le raisonnement tourne brusquement et affirme S de P. C'est qu'il y a, des prémisses à la conclusion, un changement de quantité; les prémisses sont en quantité intensive, ou en compréhension ; la conclusion est en quantité extensive, ou en extension. Il en résulte que logiquement l'inférence est invaUde; elle est uniquement légitimée par la conversion occulte d'une quantité dans une autre, qui prend place, sans être exprimée, dans le processus mental. Si, dans ce raisonnement, toutes les démarches successives de l'esprit étaient exprimées comme elles doivent l'être logiquement, au lieu d'un simple syllogisme, avec une conclusion directe unique, nous aurions un raisonnement complexe, avec deux conclusions, l'une directe et immédiate, l'autre médiate et indirecte. La quatrième figure est donc un pur caprice logique ^
«i. Log., Lect. XX.
Restent les trois premières. Sont- ce des formes irréductibles, ou des variations accidentelles d'un type unique? Les réponses des logiciens à ces questions sont hésitantes et même contradictoires : ils semblent voir dans les diverses figures des formes originales et primitives de raisonnement, puisqu'ils admettent qu'en chacune d'elles les conclusions sont également valides ; cependant ils accordent à la première une valeur à part, puisque, en y réduisant les autres, ils paraissent ne reconnaître à celles-ci qu'une valeur dérivée.
La vérité, c'est que la deuxième et la troisième fioure sont des raisonnements hvbrides et mixtes, des formes mutilées, où tous les degrés de la déduction ne sont pas exprimés ; nous parvenons à la conclusion, parce que, mentalement, par conversion et par interpolation, nous comblons les lacunes. Quand les prémisses réelles sont ainsi rétablies, le syllogisme apparaît dans sa forme native et simple, c'est-à-dire dans la première figure ^ En veut-on des exemples?
Soit un syllogisme de la 2' figure, en Cesare :
Aucun P n'est M,
Tout S est M,
Donc aucun S n'est P.
Aucun homme irréfléchi n'est philosophe;
Tous les idéalistes sont philosophes;
Donc aucun idéahste n'est irréfléchi.
Nous obtenons, par conversion, comme majeure véritable : « Aucun philosophe n'est irréfléchi, » et, en interpolant cette majeure réelle, nous avons le syllogisme suivant en Celarent, V^ fig. :
Aucun philosophe n'est irréfléchi ;