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L'ARÉOPAGE DE LA PAIX

«'avancera alors, d'un pas régulier quoique inégal en ce qui concerne ses membres, vers un avenir connu de Dieu seul, <îomme la planète qui Li porte est, dans sa course vertigineuse, entraînée elle-même vers des espaces ignorés de nos astronomes.

Honneur aux enfants de la France.

BÉRAN6ER.

Si nous avons placé le Christ à Tentrée de la seconde époque; si, quoique appartenant nous-même au culte mosaïque, nous n^avons pas hésité à reconncdtre en lui le Messie du monde païen, nous n'avons pas entendu affirmer par là qu'avec son apparition le grand rôle d'Israël ait dû être terminé, et que son existence prolongée doive être considérée comme une superfétation de l'histoire. On a prétendu, sans doute, et on prétend encore quelquefois que la nation entière aurait dû reconnaître aussitôt la loi du grand réformateur. En supposant que certains malentendus, au sujet de la nature attribuée à sa personne soit par luimême soit par les siens, n'aient pas dû lui aliéner tout d'abord l'esprit de ses compatriotes, il reste constant que le noble idéal conçu par le Christ est resté surtout un idéal, c'est-àdire qu'il n'a été réalisé que de loin en loin par quelques grandes individualités, que le christianisme, tel qu il a été constitué par les évêques et les docteurs en théologie, a été bien inférieur à cet idéal, et que la chrétienté, prise dans son ensemble, a été à son tour bien inférieure à ce christianisme. A-t-on le droit d'exiger que les persécutés embrassent avec enthousiasme la foi de leurs persécuteurs? Mais supposons, pour un moment, qu'Israël, éclairé par une soudaine lumière, ait marché comme un seul homme sous le drapeau de Jésus : les Juifs auraient été chrétiens, sans doute, mais le monde

ne les aurait pas suivis alors, et la grande transformation religieuse se serait opérée par d'autres hommes et par d'autres moyens. On oublie trop qu'il y a dix-neuf siècles, Israël était encore une nation, qu il avait des traditions qui étaient sa vie même, et des espérances, excessives dans un certain sens, qui lui étaient chères et que sa foi rendait inébranlables. C'est pour cette raison que, plus de cent ans auparavant, il avait secoué le joug d'un roi grec, et que le jour devait venir oîi la domination de Rome lui devait paraître intolérable. Il eût mieux valu sans doute, dans l'intérêt matériel de la Palestine, supporter les exactions des procureurs, endurer les humiliations, les insultes, et même le martyre infligé souvent aux premiers et aux meilleurs : ce rôle pouvait convenir aux chrétiens qui étaient répandus partout mais qui n'offraient encore nulle part une masse compacte. Mais les juifs auraient cessé d'être eux-mêmes, s'ils s'étaient conformés aux mœurs de Rome, s'ils s'étaient imprégnés plus profondément qu'ils ne le firent, des lettres et des arts de la Grèce. Un jtiif de nos jours peut s'extasier devant les métopes du Parthénon, se complaire dans la lecture d'Homère, de Pindare et de Sophocle, sans répudier pour cela la religion de ses ancêtres. La chose était autrement difficile du temps de Titus et d'Adrien; pour la foule, elle était impossible. Les juif s étaient convaincus de la supériorité de leur religion sur celle des païens ; ils avaient foi dans son triomphe final. Ce triomphe ils le voyaient prochain, palpable, revêtant la forme du triomphe d'un conquérant ou d'un consul romain qui s'avancerait vers le Capitole à la tête d'une armée victorieuse. C'est ainsi que leur imagination exaltée se représentait le Messie qu'ils attendaient depuis le temps de Bar-Kocheba jusqu'à ceux de Sabbata Zewi. Ils n'avaient aucune idée d'une vérité abstraite, idéale, faisant lentement son chemin dans les âmes, à travers les siècles et les espaces habités par les peuples les plus divers. Malgré leur précocité religieuse, ils croyaient surtout à la puissance du fait matériel, ils étaient, après tout, un peuple antique, comme ceux de la Gaule, de Carthage, de Numance, comme les Grecs eux-mêmes. Les Grecs, quoique

n'étantqu'unepoignéed'hommes,aYaientvaîncu, puis soumis laPersé. Israël, conduit par le Dieu des batailles, u'avait-ilpas repoussé les Syriens? Presque tous les peuples, ayant de succomber, ont lutté courageusement pour leur indépendance; Israël n'a fait que suivre leur exemple. Mais si les autres, après leur défaite, se sont confondus avec la masse du peuple vainqueur, les juifs ont survécu et ils n'ont pas désespéré! Leur nationalité était détruite, il leur restait leur foi dans la religion de leurs pères et dans un meilleur avenir, mais les événements s'obstinaient à leur donner un perpétuel et cruel démenti. Ils voyaient une secte, née dans leur sein et qu'ils avaient dédaignée, faire la conquête du monde romain en s'empressant au-devant des besoins d'une société en décomposition. Ne sut-elle pas captiver les classes supérieures par des spéculations théologiques, greffées sur les systèmes des philosophes, s'emparer des imaginations en accommodant le culte nouveau aux souvenirs gracieux du polythéisme, gagner enfin les cœurs par un admirable esprit de charité, d'abnégation et de sacrifice? Dans cette marche vers la domiminalion universelle, ne s'éloignait-elle pas tous les jours davantage des données primitives du mosaïsme, pour entrer dans les voies d'un mysticisme incompréhensible 30ur les simples esprits d'Israël? Or c'est juste par tout ce qu'ils ne comprenaient pas que les barbares furent soumis, et, à leur tour,les barbares se retournèrent contrôle juif, non seulement rebelle aux dogmes nouveaux, mais encore déicide , comme on croyait alors, et condamné à porter éternellement la peine du crime commis par ses ancêtres. Charlemagne, qui se considérait comme un véritable empereur romain et qui, comme tel, voulait l'unité religieuse, prit à l'égard des juifs des mesures humiliantes, ce qui n'empêcha pas ses successeurs, d'user à leur égard de ménagements dans l'intérêt du commerce* . Dans l'antiquité, Israël avait été un peuple d'agriculteurs, de vignerons et de pasteurs, — Maintenant, exclu de la possession de la terre, se voyant interdire tous les mé-

1. On s'entendit avec eux pour fixer les jours de marchés et de foires.

tiers et industries sédentaires, il se tourna vers le trafic pour vivre. Cette existence, la plus méprisée alors, fut souvent pour lui une source de richesses, et de nos jours elle peut conduire ceux qui s'y livrent aux honneurs et à la puissance. Si aujourd'hui Israël semble à certaines gens occuper une position trop considérable, ce sont ses ennemis qui Fauront voulu. A l'origine, les juifs furent des marchands bien moins habiles que les Phéniciens et les Grecs. La nécessité les obligea de se faire financiers ; comme tels, ils finirent par se rendre indispensables aux souverains. On dit que, lorsque Philippe le Bel les persécuta et voulut les dépouiller de leur fortune^ ils la sauvèrent en inventant les lettres de change.

Les siècles de fureur religieuse sont particulièrement défavorables aux minorités dissidentes. Israël avait vu sortir de la semence féconde de ses livres saints et comme de ses entrailles, une autre religion, rivale de celle du Christ. Le fer et le feu à la main, elle avait répandu ses doctrines dans l'Afrique et dans l'Asie occidentale, et entamé l'Europe ellemême par l'Est et surtout par le Sud. Cette religion reconnut Moïse et Jésus pour prophètes ; mais, Mahomet étant venu le dernier, pour amener à la perfection l'œuvre de ses prédécesseurs, juifs et chrétiens devaient se soumettre à sa loi et se convertir. La chrétienté, à peine constituée, ne résista pas sans peine à l'assaut que lui livrèrent les fanatiques du Koran.

Mais les juifs, qui avaient cessé d'être une nation, qui ne disposaient d'aucune force année, furent persécutés par leurs nouveaux maîtres comme ils l'avaient été par les anciens. Groupés autour de leurs rabbins, renfermés dans leurs synagogues et dans leurs ghettos, ils menaient une vie à part, satisfaits des joies qu'ils goûtaient au sein de leurs familles et dans l'observation stricte des prescriptions de la loi. Ils ne restèrent nullement étrangers au mouvement des esprits, comme l'a prouvé M. le docteur Schleiden, dans ses intéressantes brochures, quoique leur attention principale se portât sur l'étude des livres de leur religion. Le Talmud, œuvre des rabbins, est, à coup sûr, un recueil assez indi-

geste des matières les plus variées, remarquable surtout par une casuistique pénible et puérile. Il fait connaître les préoccupations d'une piété peu éclairée — mais, même sous ce rajpport, il peut soutenir assez avantageusement la comparaison avec les gros in-folios que Texamen du dogme a dictés aux moines du moyen âge. On peut dire de cette « Somme » ce que Frédéric II avait coutume de dire de ses poésies françaises, un peu faibles, composées au milieu des soucis d'une campagne périlleuse : « Passe pour la veille d'une bataille. » Les juifs n'eurent guère de loisirs pour se livrer à de longues et fructueuses méditations, et c'est quelque chose que, dans des temps aussi cruels, ils aient produit un philosophe comme le Maïmonide. Lorsque l'Europe, comme un seul homme, se leva pour arracher Sion et le Saint-Sépulcre aux infidèles, les croisés se firent la main en massacrant des communautés entières de juifs en France et en Allemagne. Les juifs épouvantés s'enfuirent en Pologne, comme, trois siècles plus tard, ceux d'Espagne, après l'expulsion des Maures, furent obligés de chercher un refuge dans la Hollande. Jamais on n'a appliqué d'une manière plus odieuse le sic vos non vobis. Les Romains aussi avaient montré du dédain pour ces Hellènes auxquels ils devaient toute culture supérieure, ils les traitaient de Grâsculi. — Mais la religion chrétienne n'était-elle pas fille de la religion juive? Le Pentateuque, les Psaumes, le Livre de la Sagesse, les Prophètes, le Cantiaue des Cantiques n'étaient-ils pas des livres sacrés pour l'Eglise comme pour la synagogue? Cette morale plus pure, cette charité si ardente, toute cette ferveur religieuse qui élevait les âmes au moyen âge, n'est-ce pas à Jérusalem qu'elles avaient eu leur berceau? Et pourtant, pendant cinq ou six siècles, la chrétienté semblait acharnée avec une haine incroyable contre la pauvre race « à la nuque raide ». Ces sanglantes persécutions n'atteignirent pas leur but. Les juifs ont courageusement traversé cette époque néfaste. Ils ont, en partie du moins, échappé à leurs bourreaux, et malgré les tortures eMes bûchers, oîi ils périrent par centaines de milliers, ils n'ont pas désespéré.

Des jourà meilleurs semblèrent luire enfin. La Réforme brisa les chaînes d'une théocratie par trop tyrannique, la science répandit de plus en plus ses lumières bienfaisantes; Tétude, la philosophie antique, la lecture de Cicéron et de Sénèque surtout ramenèrent les cœurs féroces à des sentiments plus humains. Si Ton persécutait toujours, on massacrait moins. N'osant plus brûler les juifs, ni les expulser de . peur de se priver de précieuses ressources, on les accablait d'humiliations, on les écrasait d'impôts, on les reléguait au dernier rang de la société. Dans les pays protestants comme dans les pays catholiques, on en faisait des parias. Déjà on était trop éclairé pour croire qu'ils étaient voués à la damnation •éternelle, pour y voir des suppôts de Satan. Mais on haïssait en eux les descendants d'une race étrangère. Dans les cas difficiles, on avait recours à leur capacité, à leur habileté bien connue dans les affaires de finances. Mais on portait envie à leurs richesses, on les en dépouillait sans scrupule, on leur reprochait leurs mœurs et leur langage exotiques; on allait jusqu'à se moquer de leurs traits portant la marque de l'antique et lointain Orient. Malheureux, auraient-ils pu répondre à leurs détracteurs, ce que vous exécrez en nous, ce sont les saintes traditions de la famillo., c'est le souvenir des aïeux, pieusement gardé aux cœurs de leurs derniers neveux, c'est la chasteté sans tache de nos mères et l'amour sans bornes de nos femmes! La troisième période, la période du mépris, fut la plus douloureuse pour Israël. Beaucoup de ses meilleurs enfants, qui peut-être n'auraient pas reculé devant le martyre, fléchirent et firent défection, mais l'immense majorité a persévéré au milieu de cette dernière épreuve et elle n'a pas désespéré.

Honneur à eux, honneur impérissable — ils n'ont pas désespéré. Ils ont vu les jours de l'accomplissement. Le Messie est venu pour eux, le libérateur de tous ceux que le vicaire du Christ n'avait pu, ou n'avait pas voulu émanciper, Tesprit de justice du dix-huitième siècle. Longtemps d'avance, on en pouvait découvrir les signes précurseurs. Lessing honora le nom de sa nation, en défendant la cause

des juifs dans deux pièces de théâtre, dont Tune (Nathan le Sage) est restée célèbre. Par les relations intimes qui l'unissaient à Mendelssohn, il avait pu juger de quelle générosité de sentiments, de quelle noblesse d'âme, la race persécutée était capable^ Mais ceux qui connaissent le tempérament des Allemands savent aussi que, chez eux, un long laps • de temps doit se passer entre l'enfantement d'une idée et son application pratique. Lessing n'était qu'une voix isolée, vox damans in deserto. Les représentants des Etats-Unis, animés de l'esprit libéral du temps et n'ayant point à compter avec les préjugés et les traditions d'un passé suranné, proclamèrent la terre d'Amérique l'asile de tous ceux qui souffraient pour leur origine, pour leurs opinions politiques et religieuses, et appelèrent à eux, en un mot^ tous ceux auxquels la vieille Europe n'était pas bonne !

La France fit mieux et montra, par sa conduite, qu'elle entendait tracer une ligne de démarcation profonde entre le moyen âge et les temps nouveaux. Le député Isnard s'était écrié du haut de la tribune : « Ils ont combattu avec nous pour la patrie ; leur sang s'est mêlé au nôtre à la frontière ; ils sont nos frères. » Aussi la France ne se borna-t-elle pas à accorder à Israël une tolérance pénible, à enlre-bâiller la porte de la cité. Elle donna l'accolade de la fraternité au proscrit de tous les pays et de tous les siècles et, avec cette coquetterie chevaleresque qui prête à la race un charme si irrésistible, elle lui assigna, en face dé l'Europe stupéfiée et maussade, la place d'honneur au banquet de la vie. Israël ne l'oubliera pas ; quels que soient les torts, vrais ou imaginaires, que ses ennemis lui ont reprochés, on ne l'a jamais accusé d'ingratitude. Aussi, dans tous les pays oîi, depuis les temps de la Diaspora, se sont réfugiés et habitent encore des adhérents de la foi mosaïque, depuis les bords de l'Atlantique jusqu'aux frontières de la Chine, depuis le Cap jusqu'au pôle Nord, il y a des cœurs qui battent et des prières qui s'élèvent pour le salut et la grandeur de la France.

La généreuse conduite de notre pays a-t-elle fini par faire honte aux cabinets et aux parlements des puissances

AHASVÉRUS AU TRIBUxVAL DE L'HISTOIRE ' 255

étrÀngères ? Toujours enl^îi qu'ils ont suivi notre exradple, très lentement, il est vrai, mais enfin, ils Font suivi. « Les juifs, qu'on accuse de si vilaines choses, écrivait-on dernièrement dans une de nos meilleures feuilles ^ , sont peut-être destinés à servir de pierre- de touche aux nations, à distinguer le vrai libéralisme du faux, à donner la mesure de la tolérance et de Téquité des peuples au milieu desquels ils vivent. » Si la condition où se trouvent les Israélites, dans les différentes contrées de la teire, peut être envisagée comme une espèce d'étiage d'après lequel s'établit le degré de civilisation oii sont parvenus leurs habitants, la France et les États-Unis sont assurément au premier rang parmi les nations, comme la Roumanie, dans les états de la chrétienté au moins, est au dernier ^.

On peut dire, en effet, que l'idée chrétienne n'est devenue une réalité complète que le jour où les juifs émancipés ont repris, dans la société moderne, la place qui leur appartient. Le père et le fils se sont reconnus enfin et se sont réconciliés. Les prêtres d'une religion qui ne nous entretient que d'amour et de charité, ne sauraient rester en arrière des philosophes et même des gens du monde ; ils ne sauraient crier anathème à ceux qui, pour ne pas accepter tous leurs dogmes, n'en sont pas moins leurs ancêtres spirituels par leurs livres saints, leur morale et tant de croyances communes. Les juifs éclairés, d'un autre côté, reconnaissent la mission divine du Christ, les bienfaits que sa doctrine a apportés à l'humanité, le rôle immense que le christianisme a joué dans l'histoire. Nier ce rôle, c'est fermer

1. Le Temps du 31 octobre 1879. Affaires des juifs à Bucharest, à Koutaïs et chez les Cosaques du Don.

2. Il parait que depuis quelque temps la Roumanie a trouvé uue rivale dans TAllemagoe. Une campagne, «dont une politique détestable est Tinstigatrice, dont la haine de race et les plus basses passions fournissent les aliments, a été commencée contre les droits que la Constitution accorde aux juifs, contre la position qu'ils occupent légitimement dans l'État et dans la société. Le sort réservé à la ligue anti-sémilique est heureusement prévu. Elle succombera sous le mépris de l'Europe et Tindignation des esprits éclairés d'Outre-Rhin, honteux de voir leur patrie ridiculisée par la réapparition sur la scène du vieux Michel teuton.

les yeux àFévidence, c'est adorer Dieu, tout en méconnaissant son œuvre.

Nous n'avons pas attendu jusqu'à ce jour pour professer, à l'égard de nos frères chrétiens, catholiques, grecs ou protestants, des sentiments de la plus vive sympathie. Il est vrai que nous ne craignons pas de faire quelques pas de plus en avant et de dire, avec un grand poète de l'Autriche : « Tous les hommes sont d'égale naissance, tous appartiennent à une noble race * . » Mais si, dans notre cœur, nous ne faisons aucune différence entre les adhérents des différents cultes qui se partagent le globe civilisé, dans l'esprit, nous communions surtout avec ceux qui, comme et avec Socin, avec Channing et Parker, avec les Coquerel et le pasteur Dide, ont maintenu et maintiennent l'antique foi dans l'unité de Dieu. Israël est et sera unitairien. Si les communautés, tous les jours plus nombreuses, qui adoptent cette dénomination, veulent nous accueillir dans leurs rangs, nous sommes prêts : nos mains sont tendues vers les leurs. Nous ne croyons pas nous avancer beaucoup, d'ailleurs, en prétendant que l'opinion des classes éclairées, lettrées, se prononce de plus en plus dans le même sens : ceux qui se sentent attirés du côté de l'unitarisme, ne s'appellent plus légion, mais millions.

Mais, en faisant cette profession de foi, nous n'entendons nullement nous détourner des nôtres, rompre avec le passé glorieux de notre race et pour tout dire : abjurer.. Nous entendons rester fidèle à des croyances que la raison approuve, Join de les contredire et de les combattre, à une nation qui a fait ses preuves devant l'histoire, à des ancêtres qui, par leur constance et leur héroïsme, nous ont conquis la place que nous occupons au soleil. Nous voulons rester unis k eux dans la vie et dans la mort — et nous puisons une consolation dans cette pensée que noua dormirons un jour auprès de nos pères, ayant les antiques traditions d'Israël pour linceul, et la foi sublime de Jéhovah pour chevet.

1. Aile Meuschen gleicbgeboren, sind ein adligcs Geschlechl. Anastasius Grùn.

CONCLOSION 257

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