‹ Les lois de l'histoireChapitre 105 sur 144 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Ceux qui, de nos jours, ont pris en, main la cause des juifs, ont fait valoir en leur faveur qu'ils sont de bons et laborieux citoyens, dont les noms figurent rarement dans les casiers judiciaires; qu'en outre, menant en général une vie sobre et sage, ils sont moins que d'autres parties de la population éprouvés par le fléau des épidémies, et que la moyenne de la vie humaine est assez élevée chez eux, etc., etc.

D'autres, frappés davantage de l'activité intellectuelle des juifs, ont fait remarquer le grand nombre d'artistes (peintres et surtout musiciens), de poètes, d'hommes de lettres et de sciences que la race a produits et qu'elle continue à produire. Dans l'industrie et dans les finances, tout le monde leur accorde, qu'ils sont au premier rang. Depuis un certain temps ils jouent un rôle important dans la politique ; quelques-uns des leurs ont pris aux événements de leurs pays respectifs une part considérable et glorieuse, etc.

Il résulte, si nous ne nous trompons, de l'ensemble de ces considérations, dont il sera peut-être difficile de contester la justesse, qu'Israël, malgré les défauts qu'on a pu lui reprocher, — et qui semblent tenir surtout à son origine étrangère, et à sa vie longtemps solitaire, — qu'Israël, disons-nous, est une race d'élite, dont le rôle n'était nullement fini le jour où la religion chrétienne, qu'il avait mission de préparer, a fait son apparition sur la scène du monde. Son existence prolongée a été comme une perpétuelle revendication de la liberté religieuse, la plus sacrée de toutes les libertés, et qui a été méconnue par toutes les Églises. Son histoire, dans les temps modernes, démontre que pour se maintenir sur les hauteurs de la civilisation^ une race n'a pas besoin d'adopter le formulaire du dogmatisme régnant, qu'il suffit qu'elle ait les regards fixés sur l'idéal, que &è^

Bemlcew. Vi

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aspirations soient raisonnables et ses sentiments humains. Israël n*a presque pas de dogmes ; Tessence même du mosaïsme est i^union de la raison et de la foi. Que cette union, après une lutte de dix-huit àiècles, soit acceptée sur les hauteurs de la société chrétienne, qu'elle tende à devenir le mot de passe des générations auxquelles les destins du genre humain sont confiés, c'est là un succès acquis désormais à Israël, succès énorme sur lequel, il y a cinquante ans, on n'avait pas osé compter encore.

Le jour oîi la réconciliation sera complète entre juifs et chrétiens, mais ce jour-là seulement, le rôle historique d'Israël sera réellement terminé. Resteront les individus avec leurs traditions et leurs souvenirs ; ils auront, par leur conduite exemplaire, par leur dévouement à la chose publique et par leur modestie, à poursuivre et à achever cette œuvre de la réhabilitation de leur race, qui a été inaugurée si vigoureusement dès la fin du siècle passé par un groupe d'esprits élevés et généreux appartenant heureusement à tous les peuples civilisés du globe.

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