‹ Les lois de l'histoireChapitre 106 sur 144 · LA CONTRE-ÉPREUVE · texte numérisé non relu

LA CONTRE-ÉPREUVE

ou LE

Erde, die du gehest Im Tanz der schdnste Stern, Um deine Sonne drehest Zu nah* nicht, noch su fera, In deren Blumenwiegen Das Licht herabgestiegen, Geboren, Mensch zu liegen...

RÛCKKRT.

Terre, qui vous mouTez, la plus charmante étoile, dans la danse des sphères, qui tournez autour de votre soleil en une si juste mesure, une lumière divine est descendue dans vos berceaux fleuris et y a fait naître Tàme humaine I . . .

Le philosophe qui, la main sur la conscience, et le regard fixé sur la voûte étoilée, affirmait l'existence d'un Dieu, n'aurait pas eu le suffrage de Laplace. Celui-ci croyais n'avoir pas besoin — disait -il — de cette hypothèse, parce que le système du monde, tel qu'il l'avait conçu, reposait sur des lois certaines, gouvernant les corps célestes et la matière visible. — Ces lois étant nécessaires et par consé*

quent éternelles, ne doivent- elles pas être indépendantes de toute puissance qui leur serait supérieure ? Nous avons vu que les plus anciens peuples déjà ont eu quelques notions élémentaires d'astronomie ; ils ont connu Tannée lunaire et Tannée solaire, le zodiaque, et ils ont calculé les éclipses avec assez de précision. Mais il y a à peine deux siècles que la loi de la gravitation a été découverte. — Aujourd'hui c'est celle de Tévolution qui préoccupe nos esprits les plus éminents. Seulement ni Tune ni Tautre, ni le système de Laplace, ne sauraient nous rendre compte des causes initiales. « Quand un corps est en mouvement, les forces qui agissent sur lui peuvent expliquer tons les phénomènes subséquents ; mais la distance de la terre au soleil, la petite excentricité de Torbite de notre globe, etc., n'ont rien à démêler avec la gravitation; elles dépendent d'autres causes. On peut dire, par voie de spéculation, que les planètes sont des anneaux rejetés par le soleil etc. ; cela ne nous dira pas pourquoi elles sont placées comme elles le sont, ni pourquoi notre planète se trouve dans les conditions auxquelles nous la voyons soumise. C'est ainsi qu'étant donné la cellule et sa constitution, nous pouvons admettre que son développement soit déterminé d'avance; mais qui nous expliquera la cellule ellemême? » La parabole, l'ellipse et Thyperbole sont des courbes possibles pour un atome [particlejy tournant autour d'un centre de force. Une seule de ces courbes, celle de Tellipse, et Tellipse seulement à petite excentricité et presque circulaire, peut convenir à Torbite d'une planète destinée à être le berceau de la forme la pi us parfaite delà vie, celle de l'homme. Et si, de toutes les formes d'orbite, celle qui rend Texistence d'êtres semblables à nous possible, parait avoir été Tobjet d'une sélection intelligente, n'en faut-il pas dire autant de l'arrangement délicat « {délicate adjmtment) dans le processus évolutif d'un germe protoplastique, rendant possible la naissance d'une créature aussi admirablement organisée que l'homme ' . »

1. Nineteenlh ceatnry, november 1879. « Harvey Carlisie » On the onity of nature, p. 926-929.

Les mathématiques, assurément, eut été poussées bien loin; elles pourront être p erfectionnées encore. On pourra dire avec R. L. Ellis, dans sa théorie de la matière, que, si jamais nous réussissons à établir une théorie mathématique de la chimie, elle reposera sur des équations du troisième degré ou même d'un degré supérieur, comme Tastronomie physique repose sur des équations du second degré. On pourra ajouter avec H. Garlisle {loco citcUo) qu'au cas où la biologie échapperait au calcul, on pourrait concevoir une science dépendant d'équations différentielles d'un ordre élevé, non susceptible d'intégration, comme on a essayé d'en établir dans des ouvrages traitant de la lumière, de la chaleur, du son et de Thydrodjmamique, pour faire sentir à notre esprit les côtés mystérieux et inexpliqués de la science de la vie ^ Gela n'empêche pas qu'il faille dire avec Huxley, cité dernièrement par H. R. Radau ' : « On peut comparer les mathématiques à un moulin d'un travail admirable, capable de moudre à tous les degrés de finesse. Mais ce que l'on en tire dépend de ce qu'on y a mis ; et, comme le plus parfait moulin ue peut donner de la farine de froment, si on n'y met que des cosses de pois, de même des pages de formules ne tireront pas un résultat certain d'une donnée incertaine. Or^ il est difficile, lorsque nous tentons de nous approcher des causes premières, de dire ce qui est froment et ce qui est cosse de pois. La théorie des noumènes de Kant est vraie aujourd'hui encore, comme au jour où elle fut conçue : l'essence des choses elle-mèmes nous échappe. »

C'est beaucoup d'avoir découvert la perpétuelle équivalence de la matière, à travers toutes ses transformations, qu'elle soit représentée par le travail ou par la chaleur (les calories); d'avoir prouvé, h l'aide du spectre solaire, l'identité de composition, quant à la qualité des corps, de tous les astres qui peuplent le ciel, et d'avoir expliqué la genèse de certains corps chimiques, paraissant absolument différents, par la différence de proportion d'atomes de même

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