‹ Les lois de l'histoireChapitre 107 sur 144 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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2' Revuç des Deux^Mondes^ novembre 1879.

nature qui concourent à leur formation. Seulement il ne faut pas prétendre inférer de ces découvertes importantes que le monde entier, avec les milliards innombrables d'êtres, qu'il renferme, peut, à Vinstar d'un vaste et puissant mécanisme, être décomposé et recomposé par l'intelligence humaine. Il y a assurément une intelligence supérieure à la nôtre. Il ne faudrait pas se laisser entraîner, par la satisfaction de voir révélées quelques-unes des lois qui régissent le mécanisme en question, à considérer cette intelligence comme l'annexe ou tout au plus comme la résultante de ce mécanisme. Elle en est au contraire la force motrice et la cause initiale. Elle est à la fois ce qu'il y a de plus noble et de plus puissant, quel que soit d'ailleurs le nom dont on la décore. On peut l'appeler principe vital dans la plante, instinct dans l'animal plus haut placé dans l'échelle des êtres, et raison consciente dans l'homme. Toujours est-il que cette force nous révèle d'autres ordres d'existence que ceux qui constituent la base de la physique et de la chimie. Il est contraire au bon sens, disait Aristote, que le plus fort naisse du plus faible, le plus parfait du moins parfait, le plus intelligent du moins intelligent, l'actif de l'inerte etc. Dans un discours sur la biologie, prononcé à Sheffield l'année dernière par M. le professeur AUeman, président de l'association britannique, ce dernier a fait entendre les paroles suivantes rapportées parM. Carlisle * : « L'abîme qui sépare la vie inconsciente de la pensée est profond et infranchissable, et on chercherait en vain des phénomènes de transition à l'aide desquels on pourrait, comme par un pont, joindre les deux bords. »

Il y a bien des années déjà, le professeur Liebig déclarait qu'il était impossible d'assigner aux facultés de T&me une place déterminée dans le cerveau, d'indiquer d'une manière précise les organes qui correspondent à la mémoire, à l'attention, à l'imagination, à la puissance d'abstraire, etc. Il rejetait ainsi implicitement la phrénologie du D' Gall, pre-

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