Conviva veiut satur. Lacrèce
formé. Avec Tftge de la puberté, ce dernier entre pour ainsi dire en floraison. C'est alors que commence la merveilleuse action de Timagination, qui peut tenir Thomme sous Fempire de ses enchantements jusqu'à T&ge de trente ans. Puis c'est le tour de la volonté de tenir le timon de la vie, de tracer un vigoureux sillon, de créer une position, une sphère d'action convenable. C'est à 45 ans que la raison de l'homme ^ acquiert toute sa force, qu'elle commence à dompter les passions, qu'elle les fait servir à ses décrets, qu'elle juge avec plus de sang-firoid les hommes et les choses, qu'elle devient apte, dans quelques individus privilégiés, à concevoir puissamment, à découvrir des vérités nouvelles, inattendues. Arrivé au seuil de la vieillesse, l'homme qui a usé sobrement de la vie, ne voit pas nécessairement baisser les rayons de cette lumière intérieure. Ce n'est qu'alors que chez beaucoup de grands esprits, la raison atteint toute sa plénitude, sans faire tort à la chaleur de l'âme et à la vivacité de l'imagination. Ce ne sont pas seulement des philosophes comme Platon et Eant, des hommes de science comme flumboldt, Biot et Chevreul qui ont publié quelques-uns de \ leurs ouvrages les plus importants, aprèsl'&gedeBOans ; So- j phocle, Anacréon, Gœthe et Victor flugo, nous montrent que le génie des grands poètes ne connaît point de vieillesse. Ajoutons que les peuples sages confient volontiers leurs destinées à des législateurs mûris par l'expérience des années. Si les Athéniens ont brisé de bonne heure l'autorité de leur Aréopage, les Romains ont respecté leur Sénat et la France s'est honorée en plaçant à la tête des affaires des hommes comme Thiers et M. Dufaure, jeunes, dans leui* grand &ge, de verve éloquente et de patriotisme.
Toute activité bien ménagée entretient les forces de l'homme, loin de les diminuer ; et celle de l'esprit semble avoir le rare privilège d'entretenir et de raviver le feu de l'âme, loin de l'éteindre.
En fixant à 75 ans la durée d'un homme bien constitué, ^^ bien portant et vivant dans une condition normale, nous n'avons pas entendu formuler une loi, Nou^ n'avons voulu
mettre en avant qu'une vue simple et naturelle, à laquelle le sens commun puisse souscrire. Nous ne prétendons pas non plus imposer notre division de la vie humaine, en cinq périodes de 15 ans chacune *. Encore une fois, nous n'avons pas affaire ici à des corps inanimés, inorganiques dont les lois régissant « la matière » puissent rendre compte. Il faut donc nous accorder une certaine latitude, pour des appréciations du genre de celles auxquelles nous nous livrons ; et nous nous croirions encore le droit de la réclamer, même si, dans les êtres vivants et dans l'homme surtout, il ne restait pas encore tant d'inconnues à dégager.