Duncker, II, p. 402, édit
D'après les évaluations du savant historien que nous venons de nommer, évaluations qui ont un haut degré de vraisemblance, les Âryfts primitifs n'auraient pénétré dans les piailles de la Sarasvati et de la Jamuna que vers 1500 S et, si quelques-uns des chants des Yédas peuvent dater de la même époque, un grand nombre sont d'une date plus récente ; les plus anciens, ceux du Rig, pouvaient être composés vers 1800. Si l'on considère que la langue dans laquelle les Yédas sont écrits nous présente la forme la plus ancienne que nous connaissions du sanscrit ou plutôt de l'idiome des Aryâs primitifs ; que le Zend, langue plus dure, s'en éloigne déjà considérablement; que la doctrine exposée dans le Zend Avesta est née d'une réaction contre l'antique naturalisme des habitants du Pendshàb, on comprend que M. Duncker ait placé l'existence de Zerduscht un peu avant 1200. Ceux qui, se fondant sur des traditions plus qu'hypothétiques, la placent vers 2400, seraient amenés à remonter pareillement à 2700, pour les débuts, non pas de l'histoire, — puisqu'elle n'existe pas — mais de la civilisation des peuples indo-européens.
Depuis 2700 jusqu'à 1200, quinze siècles se sont écoulés encore; les peuplades errantes, les premières petites communautés sédentaires de l'Asie se sont faites nations ; les premiers grands états sont nés et, dans ces états, on a vu se produire les rudiments des arts et des lettres, les religions, les législations, l'institution des castes qui sont comme les étages de la société primitive. L'état primitif est-il autre chose que le groupement des forces nationsdes auxquelles l'ordre préside? qu'un organisme qui porte dans ses flancs les germes d'une vie supérieure, d'une vie civilisée, germes féconds et inconscients qui se développent d'après un plan qui est comme l'idéal de la race ?
L'an 2700 n'est toutefois pas l'extrême limite de l'existence des peuples de l'antiquité. Lorsqu'ils étaient encore au berceau, l'Egypte était déjà florissante, savante et lettrée.